Partager l'article ! LE PAN DE MUR - Le roman 02-03: Il faisait un peu frais, Xavier remonta son col. Il n’aimait pas ces débuts de printe ...
Il faisait un peu frais, Xavier remonta son col. Il n’aimait pas ces débuts de printemps un peu louches. Soleil, chaleur, ombre, fraîcheur. Il se dirigea vers le Quartier
Latin. Il vit la faune accroupie autours de la Fontaine St Michel, une jeunesse agitée. Puis les bords de Seine, les bouquinistes, Notre Dame, du déjà vu et revu. Tournant le dos à la Seine et
remontant le boulevard, il prit à gauche, le boulevard St Germain en amont. Puis il s’arrêta à la station de métro "Odéon" là, devant le plan de la ville, longuement, attentivement, il « visita »
Paris. Il devait fuir le centre, ça c’était clair ! Le 18ièm ?Oui, avec le Sacré-Cœur, Montmartre, fourmillant de petites ruelles, son vignoble en pente était encore exploitable - Petites
échoppes, touristes … non, surtout pas çà ! Visuellement il fit un grand tour jusqu’à la Défense, les Maréchaux, aucune chance de dégoter un thème de ce côté.
Son regard balaya le 16ième puis le 15ième, peu de parcs, des avenues et commerces en tout genre. Décidément, comme sœur Anne, il ne voyait rien venir. C’est alors que son
regard fut attiré par les ruines attenantes au musée du Moyen Age qui se trouvait à deux pas de lui. Ce musée, il ne l’avait jamais visité. Il en avait le temps, il décida cet « entre acte » à sa
promenade. C’était une très bonne idée, puisque lui parvinrent des sons de violes et de tambourin. Une troupe répétait des morceaux de musique baroque en vue d’un spectacle. Tout près, adossées
au musée, on pouvait voir les ruines des Thermes de Cluny.
Xavier eût ses premières « vibrations » Ces ruines l’inspiraient et il mourrait d’envie de les peindre.
Chapitre 03 LA BUTTE AUX CAILLES
Devant les superbes ruines des Thermes de Cluny, Xavier se senti à la fois serein et transporté dans un autre monde, son monde. Il descendit les marches qui menaient aux différentes salles de
bains. En bas, trois salles alignées, des piliers de pierres où se dessinaient des fresques relatant l’histoire des « nautes » ces premiers « parisiens » Xavier fût tiré de ses découvertes par la
sonnerie de son portable. Une voix légèrement énervée le rappelait à l’ordre :
- « Il est dix sept heures, où est-tu ? Tu n’aurais pas oublié que nous dînons chez les Brémont ce soir ? »
- C’était Hélène, sa femme. Xavier confondu eut l’honnêteté de lui dire que, hélas oui, il avait oublié ce dîner, d’autant plus qu’il n’appréciait pas ces bourgeois, amis de la famille d’Hélène.
Comme Hélène Solange de Brémont était un ancien mannequin de chez Chanel. Les deux amies entretenaient d’incessantes relations quasiment fusionnelles, étant toutes deux, grandes joueuses de
cartes : Baccara, Black - Jack, Banque, Trente et quarante. Elles passaient leurs après-midi et parfois leurs soirées dans les cercles privés, quand il ne leur pas prenait l’envie de faire une
escapade à Deauville !
Xavier rebroussa chemin, se promettant de revenir sur ce lieu, ce qu’il ne fit pas, puisque huit jours plus tard… Suivant les conseils de Pierre et toujours à la recherche
d’un lieu insolite, ses pas le conduisirent vers ce coin ancien du 20ièm surnommé « La Butte aux Cailles »
Pareille à Belleville ou Montmartre, ces gentils villages étaient situés aux portes de Paris. Un Paris d’autrefois, plus petit, plus chaleureux. Pierre avisé pensait qu’avec
les nombreux projets de réhabilitations dus à ce futur toujours plus grand toujours plus haut, certains petits quartiers étaient appelés à disparaître. Il fit par de son idée à son ami et c’est
la raison pour laquelle Xavier pu découvrir ce vieux quartier plein de charme.
C’est à mi-chemin entre le Père La Chaise et Belleville qu’il trouva le panneau lui indiquant « la Butte aux Cailles » Une petite rue, rude à monter. Tout en haut une placette
et juste face à lui, une auberge basse, des murs blancs sur lesquels grimpait joyeusement une superbe glycine. Tout autour quelques maisonnettes d’un ou deux étages. Sur la gauche, une ruelle
encore recouverte de pavés, la ruelle descendait en pente douce avec des maisonnettes, des petits immeubles, des « guinguettes » comme ils s’en trouvent au bord de Marne. Il régnait un silence
surprenant, impressionnant ! De part et d’autre de la rue s’ouvraient d’autres ruelles, parfois très étroites. Il s’engagea dans l’une d’elles. Des pavillons, des résidences anciennes, Xavier
n’en croyait pas ses yeux. Des troènes, des rosiers, des hortensias, et même une superbe bananière ! Qui avait bien pu oser planter dans ce Paris aux hivers glacés, une bananière ?
A suivre
Le livre de la vie est le livre suprême,
Que l'on peut ouvrir et fermer à son choix...
On voudrait revoir les pages où l'on aime...
Mais les pages où l'on meurt
Sont déjà sous nos doigts.
Lamartine
Dédié à ma famille MJ
