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Tout au fond du "jardin de Claire" se dresse une  ruine. 

Depuis des années Claire rêve devant ces ruines.

      Ainsi est né ... LE PAN DE MUR

Un escalier y a laissé sa trace. Des vestiges de  papiers pendent.

Çà et là, une chambre,  nid d'enfant,  salon,

Trace d’une cheminée Traces d'une vie... .

 Claire se pose et  vous  raconte "ses souvenirs" 

 

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                   1967  RIEN NE VA PLUS... LA SCHLAGUE !

      Bizarrement j'ai peu de souvenirs de  "l'après Broca" tant j'en fus malheureuse. Mon CRS perdu. La gérance pas renouvelée. Il me fallait partir. Les chemins de la vie capricieux,  j'ai fais mes valises.

   Je n'ai plus le studio de Pantin. Mon frère réinstallé avec ses amis sans ma permission. Le propriétaire l'a viré. Fermé la porte, vidé, mes objets personnels. Vêtements et papiers, je les avais conservés rue Broca. - Au final,mes deux hommes en Algérie, panique à bord.

    Un de mes clients me fait part qu'il a quitté un pavillon meublé à la Courneuve, libre d'occupation, mais sans électricité.  Ni une ni deux, direction la Courneuve (en 1967 la campagne). Je suis emballée ! Qui osera vivra, qui vivra  verra.

     Un jardin, massif de fleurs, deux chambres,dans le séjour une cheminée: au  jardin: Une montagne de bûches! ... Sans poser plus de question à l'ami, j'emménage.  Sûre de moi, je pense que c'est provisoire en attendant de trouver du travail. J'ai sauvé quelques sous... André reviendra bientôt d'Algérie... Je vais enfin vivre et profiter de ma fille. Nous faisons  joujou, le soir, à la chandelle.

    Je n'ai aucunes notes sur ces quelques mois. Bizarrement ma fille s'en souvient. Cela peut se comprendre du fait qu'elle avait enfin sa maman pour elle toute seule.

    J'ouvre une parenthèse car je suis honnête. A savoir que ma fille à toujours été avec moi : Oui mais... juste à côté. Donc il en résulte que, je le veuille ou non; s'il est vrai que je fus bonne commerçante, je ne fus pas une "mère idéale" Mais, une "mère" ? Je n'avais pas trop connu non plus.

              ST BRICE SOUS FORÊT  HAVRE DE PAIX

    Durant cette odyssée surprenante et vertigineuse d'inconscience, je reste confiante. Je suis protégée par deux anges gardiens qui ne me lâchent  pas. Dieu que je prie chaque soir (8 ans de pensionnat) - Et André qui, service militaire terminé, me récupère avec ma fille. - Il était temps: J'ai la visite de deux gendarmes, avec injonction de quitter les lieux.

    Direction St Brice en Forêt, village où la famille d'André possède une maison de campagne. Famille compréhensive, sans jugement ni a priori. Pour ne pas être à charge je cherche et trouve un emploi de ménage et services dans un atelier d'imprimerie à 2 km que j'effectue à 5 h du matin, à pieds, à travers bois, la peur au ventre !

  La mère d'André ayant eu deux garçons est heureuse de s'occuper de cette "petite fille" et de sa future belle-fille. Quant au Papa qui lui me " lorgnait" depuis  des années, je suppose qu'il devait fantasmer, qu'un jour... peut être? Il ne connu jamais ce jour là.  L'automne arriva. Les parents d'André montèrent sur Paris pour leurs emplois respectifs et les études de leur second fils.

    C'est alors que je reçu de Nice une lettre de mon père, celui -ci m'apprenait que sa femme (Claire la méchante) l'avait quitté. Avec l'accord d'André, ben ... nous fîmes nos valises direction Nice.

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       Je reviens sur L'histoire  d'André L.  Et sur  "Notre histoire".

    André L. est le premier homme, devant qui j'ai posés : mes valises, ma fille et mon chien... Arrivant, de Paris... Gare de Nice. Au fil du temps, de plus,  nous habitions, et travaillions dans le même quartier... Puisqu'il était écrit sur un grand livre ? Je ne sais où ?... que nos routes devaient se croiser !

    Je raconte sur cet article ce que fut notre chemin d'enfer.                          

DOUBLE ENFANCE...de Julien CLERC - Une chanson qui résume bien notre point commun - André, Monique, enfants du divorce. La rencontre de deux adultes blessés maladroits, en quête d'amour.

   En 1963 - André avait suivit sa famille expatrié d'Algérie. "des pied noir".  Comme beaucoup  ils s'étaient installés sur l'autre versant de la Méditerranée.  De Blida, André avait du laisser ses amis d'enfances, ainsi que ces élèves, du fait qu'il était professeur de philosophie. Une rupture dont il ne guérira jamais.

    A peine arrivé à Nice sa maman achète un bar bien situé près de la gare. Elle décédera en 1970 peu de temps après notre rencontre. C'est un grand enfant enfant en larmes que je bercerais toute une nuit. Peu après son beau père se remarie... André est "l'héritier". Beaucoup de souffrances. Comme moi, cette enfance difficile, si bien chantée par Julien Clerc. 

    André L. N'aimait pas le bar, encore moins la clientèle de comptoir. Laissant les serveuses derrière "le zinc". Lui dans l'arrière salle,  jouait au cartes et autres jeux de dés dont l'enjeux était forcément des tournées d'alcool. Vers 19h, heure à laquelle le bar faisait le plein - Le "patron" bien allumé, il lui arrivait de chasser les clients du comptoir... les traitant d'ivrognes, un comble!! C'est bien plus tard que j'apprendrai qu'il souffrait de schizophrénie.

    Entre deux ruptures, cédant  à ses "pardons" j'acceptais de passer derrière le bar, et en cuisine. Parfois j'étais la "patronne" mais souvent moins que rien? Le jour où il me frappa, je décidais de le quitter. Bien que très amoureuse de ce "drôle de gugus"... Pour ne plus  répondre à ses rappels. Je quittais Nice pour Paris... avec quant même un petite idée derrière la tête - Qu'il me rejoigne - Dans "ma ville"- moins ensoleillée, mais tellement plus vivante. 

    Ma fille ayant 15 ans, suivant son désir, je la laissais à Nice en attendant d'y voir plus clair. Retour à Goussainville... chez maman. A peine le temps d'ouvrir ma valise... Je trouvais un emplois à Roissy . Restauration à deux pas du tarmac.

 

                        LA LETTRE DE MA PETITE SOURIS

       Chère maman,  Hier André est venu me voir... Il est très malheureux. Il m'a demandé pardon de t'avoir frappée, m'a promis que cela n'arriverait plus jamais. Il va vendre le bar et vous pourrez aller où tu voudras toi.  Il est vraiment sincère et je le crois. Alors puisque je sais que tu l'aime beaucoup, revient à Nice. Vous allez être heureux tout les deux.

Je t'embrasse très fort. Ta petite souris D...

                                    

                               RETOUR CASE DEPART : PARIS - NICE

     Le temps de raconter un gros mensonge à ma mère (qui ne le cru pas) - Prendre un billet d'avion et me voilà de nouveau à Nice...

    Euh… Je ne décrirai pas cette nuit là, mais j'assure qu'André fut très convainquant. Moi je fis de mon pire, puisque j'acceptais enfin de vivre chez lui - Un appartement au dessus du bar.

     Ce fut idyllique durant à peine trois mois. Idyllique mais pas de tout repos. Je faisais l'ouverture vers 6h. arrivée de la serveuse vers 8h. J’allais au marché et passais en cuisine.

    Pour André, Il était entendu qu’il resterait en dehors du bar, se soignerait (souffrant de calculs rénaux) au Vichy !! Descendrait pour déjeuner avez son fils chez la grand-mère du petit, ne reviendrait au bar que vers 17h.- Prendrait le relais assurant la fermeture. Tout était organisé pour le mieux avec la complicité de tous: Clients, famille.

   Moi, angoissée, je naviguais entre mon studio et l'appartement. La rue, qui longeait la voix de chemin de fer étant très encombrée de voitures, je me cachait sur le trottoir d'en face, surveillais le bar, lorsque je ne voyais pas "mon homme" la serveuse complice me faisait signes, me désignant la cuisine ou le WC. Spectacle pénible: André devant la glace, crachait sur son image. Ou dans la cuisine... Il parlait à sa mère décédée... "Oui je sais, je suis un bon a rien, ton mari me l'a assez dit". En frappant sur les murs il se blessait.

   Un soir que j'essayais de le maintenir il m'attrapât par les cheveux, me remontât ainsi jusqu'à l'appartement. La serveuse ayant fait appel à la police, je me retrouvais aux urgences bien amochée. Ce ne fut pas la seule fois. Et toujours il venait me rechercher, demandait pardon.

    Quoi de plus insensé qu'aimer son amant, comme un enfant, un frère, et pire, jusqu'à vouloir n'être que son ami.

    J’ai connu la honte, l’indifférence du milieu hospitalier,  j’étais considérée  comme la "maso du Select". Jamais le courage de porter plainte. De plus qu’André à jeun était drôle et gentil. Tous les clients l'aimait, pardonnait ces incartades, ce qui rendait difficile ma situation. "Dédé" était  un personnage aux mille facettes.

    C’est encore « un ange » qui me délivrera de cette emprise.

PS: Je prends une petite pause, le temps de rassembler, et minimiser des souvenirs qui furent les plus pénibles de cette " Drôle de vie" et qui, à force d'écriture viennent frapper ma mémoire.

Difficile exercice une biographie!! MJ.  

     

 

                                 

 

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Images de mon arrivée à Nice. Mon père et deux collègues de bureau
Images de mon arrivée à Nice. Mon père et deux collègues de bureau
Images de mon arrivée à Nice. Mon père et deux collègues de bureau

Images de mon arrivée à Nice. Mon père et deux collègues de bureau

                                 ANNEES 1970 - 1975  LE SELECT 

    Suite à cette dépression je restais quelques temps entre le studio et l’appartement de mon père, car ma fille y vivait, ainsi que mon demi-frère, le fils de sa seconde femme, dont il était divorcé.

   Je reviens en 1969… Mon "Relevé de retraite ARRCO " me précise: En atelier de lithographie, je suis perforeuse de carte informatique : 1 mois ! Femme de chambre dans un hôtel: 3 mois. Ainsi que différents petits emplois me permettant de suivre un stage de secrétariat. L’objectif étant : être à la maison le soir avec ma fille qui approchait l’adolescence. 

    Enfin je trouves  un appartement de trois pièces près de la gare de Nice, Sous les toits, un sixième sans ascenseur. Ma fille a sa chambre, moi je dors dans la pièce principale et je loue une chambre à un jeune couple.

    Juste en face de l’immeuble, une Brasserie + Bowling. J’y suis employée.  Là je suis dans mon élément, mais ma fille se retrouve seule le soir. On fait comme on peut. 
     C’est là que commence une seconde histoire passion.   
    Lors de m
on arrivée à Nice, je passe devant un bar. Un charmant monsieur m’avait indiqué le chemin du meublé, et porté bagages. Une fois installée, je prends des cours de secrétariats. Mon nouvel habitat, et l'emploi au bowling, se trouvant  dans le même quartier… ce qui devait arriver, arriva.
    ANDRE L. Fut ma plus longue aventure amoureuse. La plus décevante aussi.

MA DRÔLE DE VIE - ANNÉES 1970 - 1975

1970 André L.en terrasse -  2017 le "Sélect" transformé en magasin de vêtements. 

    ANDRE M. partit travailler en Martinique ne reviendras pas.               ANDRE L. Ainsi nommé arrive dans ma vie.

                             HISTOIRE D'ANDRE L.

    En 1963 - André avait suivit sa famille, expatrié d'Algérie : des pied noir. Comme beaucoup  ils s'étaient installés sur l'autre versant de la Méditerranée.  De Blida, André avait du laisser ses amis d'enfances, ainsi que ces élèves, du fait qu'il était professeur de philosophie. Une rupture dont il ne guérira jamais. A Nice sa maman achète un bar bien situé près de la gare. "Le Sélect" Hélas elle décède  en 1970 peu de temps après notre rencontre. C'est un grand enfant en larmes que je bercerai toute une nuit. Peu après son beau père se remarie... André est "l'héritier". Beaucoup de souffrances. Comme moi, une enfance difficile.

     André L. N'aimait pas le bar, surtout la clientèle de comptoir. Laissant les serveuses derrière "le zinc ",  lui dans l'arrière salle,  jouait aux cartes et autres jeux de dés dont l'enjeu était forcément des tournées d'alcool.  Ainsi vers 19h, heure à laquelle le bar faisait le plein - Le "patron" était souvent bien allumé, il lui arrivait de chasser les clients les traitant d'ivrognes, un comble!! C'est bien plus tard que j'apprendrai qu'il souffrait de schizophrénie.

   Nous étions tout deux libres. - Lui, a un petit garçon de 5 ans - Moi une fille. Je me suis prise à rêver d’une autre vie possible et je me suis accrochée à ce rêve durant des années.

    Après quelques mois de flirt (chacun chez soi) je me rends rend bien compte que cet homme n'est pas stable et surtout séducteur.
J’en suis blessée car nous avions plusieurs affinités en commun.

    Ainsi, par exemple, à la fermeture, nous aimions descendre au piano bar du Négresco. Assis devant un Jack Daniels, André me murmurait les mots de Montand, Deguelt, Sinatra: les crooners de ces années là. Dans ces lieux de plaisirs, André L. était très amoureux. Lorsque la recette avait été bonne, il m'offrait une nuit dans le luxueux hôtel. Il fût l'homme qui me fit découvrir les plaisirs de l'érotisme. Alors, patiente, je m'accrochais à mon rêve.

   Je "nous" voyais ensembles réunis: nous transformerions une partie de la grande salle du Select en "Piano-bar" à partir de vingt et une heure. Sans en parler à André, j’avais présenté mon projet à son fournisseur de bière...  Le projet était  réalisable. 

    J'aurais adoré recevoir les clients du soir, en hauts talons et robe longue. Jolie, et sociable de nature, j'étais persuadée être faite pour cela. Je prévoyais une petite scène dans un angle au fond de la salle. Un pianiste... Quelques tables et fauteuils devant une piste de danse. Ce quartier de la gare n'avait aucun lieu de plaisir.

  André aurait sûrement aimé cette ambiance différente de la brasserie. J'avais une confiance totale en mes  savoir faire. Hélas André ne nous donna jamais son accord.

                     ANDRE L. MOI, UNE UNION HOULEUSE

      Je me rendis rapidement compte que mon homme était instable et surtout toujours attiré par nos serveuses. Mais il me rassurait disant que c'était  "moi sa femme". Souvent je le quittais quelques temps. Travaillais ailleurs. Mais toujours il venait me chercher - m'obligeant à quitter l'employeur du jour...

- " Tu reviens au Select. Chez moi c'est chez toi etc.

    Entre deux ruptures, cédant  à ses "pardons" j'acceptais de passer derrière le bar, ou en cuisine. Parfois j'étais  "patronne", mais bien souvent, moins que rien? Le jour où il me frappa, je décidais de le quitter. Bien que très amoureuse de ce "drôle de gugus"... Pour ne plus  répondre à ses rappels. Je quittais Nice pour Paris... avec une petite idée derrière la tête - Qu'il me rejoigne, dans "ma ville"- moins ensoleillée, mais tellement plus vivante.

    Ma fille ayant 15 ans, suivant son désir, je la laissais à Nice en attendant d'y voir plus clair. Retour à Goussainville, chez maman. A peine le temps d'ouvrir ma valise... Je trouvais un emploi à Roissy. Restauration à deux pas du tarmac.

    Deux mois passe je reçois une lettre de ma fille.

    Chère maman,  Hier André est venu me voir... Il est très malheureux.  Il a demandé pardon de t'avoir frappée, m'a promis que cela n'arriverait plus jamais. Il va vendre le bar , vous irez  où tu voudras toi.  Il est vraiment sincère - Alors puisque je sais que tu l'aimes beaucoup, revient à Nice. Vous allez être heureux tout les deux. Je t'embrasse très fort maman.                                 

               RETOUR CASE DEPART : PARIS - NICE

     Le temps de raconter un gros mensonge à ma mère (qui ne le cru pas) - Prendre un billet d'avion et me voilà de nouveau à Nice...

   Je ne décrirai pas cette nuit là, mais j'assure qu'André fut très convainquant. Moi je fis de mon pire, puisque j'acceptais enfin de vivre sporadiquement chez lui - Un appartement au dessus du bar. Ce fut idyllique durant à peine trois mois, mais pas de tout repos. Je faisais l'ouverture vers 6h. Arrivée de la serveuse vers 8h. J’allais au marché et passais en cuisine.

   Concernant André, il était entendu qu’il resterait en dehors du bar, se soignerait ses calculs rénaux au Vichy !! Irait déjeuner avec son fils chez la grand-mère du petit, et ne reviendrait au bar que vers 17h. Prendrait le relais,  assurant la fermeture. Tout était organisé pour le mieux avec la complicité de tous: Clients, famille.

  Lorsqu'il y avait conflits, j'allais chez moi, mais, je naviguais entre mon studio et le bar, empruntant une rue  qui longeait la voix de chemin de fer. Rue très encombrée de voitures, derrière lesquelles je me cachais pour surveiller le bar. Lorsque je ne voyais pas "mon homme" la serveuse complice me faisait signes, me désignant la cuisine ou le WC. Je rentrais, et là spectacle pénible: André devant la glace, crachait sur son image. Parfois dans la cuisine... Il parlait à sa mère décédée... "Oui je sais, je suis un bon a rien, ton mari me l'a assez dit". En frappant sur les murs il se blessait.

    Un soir que j'essayais de le maintenir il m'attrapât par les cheveux, me remontât ainsi jusqu'à son appartement. La serveuse ayant fait appel à la police, je me retrouvais aux urgences bien amochée. Ce ne fut pas la seule fois. Et toujours il venait me rechercher, demandait pardon. Quoi de plus insensé qu'aimer son amant, comme un enfant, un frère, et pire, jusqu'à vouloir n'être que son ami.

    Je connu la honte, l’indifférence du milieu hospitalier,  j’étais considérée  comme la "maso du Select". Jamais le courage de porter plainte. De plus qu’André à jeun était drôle et gentil. Tous les clients l'aimait, pardonnait ces incartades, ce qui rendait difficile ma situation. "Dédé" était  un personnage aux mille facettes.   

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                 AH QUE... LA MAUVAISE IDEE DE VENIR A NICE...

     Je suis descendue seule à Nice. Heureuse de revoir  gentil Papa. -    Gentil ?...Que nenni. Ce n'est plus papa de mon adolescence à Meudon... où maman m'envoyais une semaine en  "vacances"  - Ma belle mère l'ayant trompé et bafoué le voilà devenu bougon, et intolérant. André, mon amoureux me rejoint dans le mini meublé de J. Garnier.  Il est très en forme ( si vous voyez ce que je veux dire) moi dépressive...Nos nuits ne sont pas mirobolantes surtout les miennes. Je réalise que, en quittant Paris, j'ai quitté quelques clients amis.... Et mis des kilomètre entre Claude... la Normandie et moi.  Eh oui, très amoureuses nous les femmes, nous avons du mal à décrocher. 

    Entre temps j'ai trouvé un emploi près du lieu où habite Papa qui, parfois garde ma fille. 

- Anecdote:  Il s'agit des abattoirs de Nice. Cela me change guère des abattoirs voisins de La Villette - Souvenez-vous Porte de Pantin des années 1960.  A Nice, mon emploi consistait a emballer sous vide des morceaux de viande pour les "petites surfaces" 

     Travaillant à - 10° j'étais vêtue tel un esquimau des pays nordiques, Alors que j'envoyais à mes amis de Paris des cartes postales: De la mer, les palmiers, la Promenade, et les  couchers de soleil sur le mer!!

    Mon père gardait souvent ma petite, il l'adorait, en fait avec le recul, j'ai compris qu'il faisait un transfert. Dominique remplaçait sa Monique des années 44/45.  Me reniant car devenue une femme libre, serveuse de bar, "La baronne" aux 36 métiers. Cette Monique là il ne l'aimait pas.

    A Nice, il nous emmenait au restaurant dans l'arrière pays... Moi je rêvais que dans cette belle région, un restaurant ou une plage ? Pourquoi pas. Il m'encourageait, disant que tout Nice était à vendre sur ces dires, visitais des petites affaires, mais n'avions pas l'argent.

     Pour ne plus déplaire à mon père, je me rabattais, sur des places différentes. Petits déjeuners en hôtel - Aide cuisinière en restaurant -  Je ne me plaisais nulle part. Je passe sur le nombre de petits boulots à mi-temps, puisque je devais aussi m'occuper de ma fille - lorsque Papa faisait défaut. Une vie complètement ingérable,  dans une ville  où je ne trouvais pas ma place.

    Le peu d'espoir auquel je m'arrimais, était mon compagnon partit vendre des trousseaux en Martinique. Je recevais cartes postales et photos. - Courage mon amour, tu vas te plaire ici, tout est possible, j'ai hâte de te retrouver.  Hélas, quelques mois plus tard - plus aucunes nouvelles. Mes courriers reviennent, mentions -" N'habite plus à l'adresse indiquée" Je suis "étonnée" mais sans plus. Ce ne fut pas "un chagrin d'amour". 

 

     j'ouvre une parenthèse pour dire, qu'en arrivant de Paris à Nice, suivant mon plan - aller au meublé - Je m'étais arrêtée devant un bar. Posée ma valise, le chien, ma fille. Un monsieur  est sortit, m'a proposé de m'aider. Il se présente: "Je suis le patron de ce bar. Puis il m'offre de m'aider à porter la valise jusqu'au meublé, m'indiquant que la rue J. Garnier était montante, et située à une demie heure  de marche. J'acceptais... ma fille, le chien s'était déjà bien fatiguant.  

      "Merci bien" - Je le trouvais sympa, un regard honnête. Correct, il le fut: -  C'est plus  tard que le destin nous réunira.   

                      SUR  LA  CROISEE  DES  CHEMINS

     Entre temps, je prenais sans prétention des cours de secrétariat quelques heures par semaine. J'étais multifonctionnelle!! Toujours dans le but de récupérer la confiance de ce père qui rêvait de me voir fonctionnaire !! Un avenir assuré, la retraite etc.

       LA DEPRESSION .

     André m'ayant abandonnée - Mon père différent de celui de mon enfance. Père que j'avais adoré en silence. Le chien qu'il avait empoisonné, la course à l'argent pour le loyer du meublé...

    Cette ville hostile... C'était trop. Un soir que ma petite se trouve chez mon père, n'en pouvant plus de souffrir: Me vient une idée folle de foutre le feu à ce meublé. Il y a une cheminée, des pommes de pins... Je me ressaisie à temps. Envie de crier - je crie, mes cris deviennent des hurlements. Je hurle: mon enfance, le désamour de ma mère, de mon père, l'abandon d'André, mon petit bistrot et mes amis perdus... Tout ce qui faisait ma joie de vivre.

 Je hurle à vomir tout ce gâchis. Les voisins appellent le SAMU.

    Direction Ste Anne de Nice, avec des fous... Ce qui n'arrange rien. On m'a laissé mes sandales... avec la boucle j'arrive à me trouer une veine du poignet. Donc il en résulte un traitement qui fera  de moi une "zombie". Mon père garde et s'occupe de ma fille à plein temps. Monique la guerrière est maintenant KO... Pourtant au plus noir de ses instants un ange est là. Une jeune infirmière de qui je refuse pour la énième fois le plateau repas. - " Laissez-moi, je veux mourir ". -  "Non madame, vous n'en avez pas le droit, vous avez votre petite fille,  et moi, vous avez pensé à moi? - Je sers à rien? des études pour rien?  Un échec que de vous perdre...

- Avec de simples paroles à la fois naïves et magiques, cette jeune femme avait réveillé la guerrière. Plus jamais je tomberai.

  Plus jamais je ne baisserai les bras.

  Si je rencontrais cette petite fille, ce jour où j'écris mon histoire... Alors que je connais mon parcours, je lui dirais - " Va galope sur ton petit cheval de bois!

- "La vie fait peur, mais rien ne vaut la vie.

 

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    DE BILLANCOURT A LA RUE BROCA

    Fidèle à mes habitudes - un rituel : je quittais un emplois, prenais une ou deux semaines de congés pour profiter de ma petite. C'étais une autre époque... Nous allions simplement dans un bar de la République : notre "ANPE" hôtelière, et là, le temps de boire un verre ou deux ; "Oups" le patron nous informait de places offertes,  disponibles aux choix de nos désirs! Nous n'avions plus qu'à nous présenter les jours suivants.

    L'IMPREVU : CLAUDE

    C'est en visitant ma chère tante Jo aux Moulineaux que je rencontrais  " L' Amour" - Claude, gendarme mobile, guerrier en Algérie justement entre deux permissions. Ce fut le coup de foudre - Passion réciproque dont l'Odyssée se trouve  dans "Mes textes"

Lien : UN IMPOSSIBLE AMOUR.

    Bien que, rue des Ardennes où je logeais, j'avais déjà sous le coude un petit gars de quatre ans mon cadet qui m'adorait depuis mes premiers jours à la "Bonbonnière". Ce dernier effectuait son service militaire  où?... En Algérie! Ainsi moi, l'affamée d'amour, je me partageais entre l' homme que mon cœur aimait... et un jeune homme qui lui m'aimait !

    Tout deux connaissaient mes rapports avec chacun, suivant leurs "permissions". Eros me gâtait. J'étais devenue un "électron libre", batifolant le soir du côté de Pigalle où j'aimais écouter du jazz avec collègues ou clients de bars.  Cela me faisait oublier mon étrange situation: l'absence de Claude, mon guerrier dont les  lettres me faisaient espérer que... peut-être un jour il me garderait pour lui, rien que pour lui.

    André lui, était un peu mon "Caprice des Dieux". C'était si facile de le séduire, lui faire des misères. Il supportait mes humeurs, il espérait, patiemment il attendait. J'adorais danser aux bords de Marne.... Les guinguettes de Nogent. André avait une voiture, mais ne savait pas danser, ou si peu. Alors j'acceptais quelques invitations qui se présentaient. Bien sûr il boudait! - Pour me faire pardonner, gentille, je lui demandais de faire un tour en barque... Alors tout content, il ramait, ramait!

  Moi, imitation Bardot, chignon, jupe évasée en vichy noir et dentelle blanche. Corsage échancré, la taille serrée dans une ceinture en métal argentée , je me la faisais belle... la vie. Je sais, je sais... ce n'était pas très honnête. Si je retrouvais  André ce jour, (57 plus tard) je lui demanderais pardon.

BILLANCOURT - RUE BROCA
BILLANCOURT - RUE BROCA
BILLANCOURT - RUE BROCA

   Images ci-dessus : André militaire en Algérie - Claude CRS  également en Algérie   ainsi que Nogent sur Marne et ses guinguettes. 

ENFIN LE PROJET DEVIENT POSSIBLE

     C'est en 1962 que je vis l'annonce : Une gérance  - cave - bar - Garantie exigée 8.000fr - Gérance mensuelle 300 Fr. Rue Broca dans le 5ièm.

   Au fils de divers emplois j'avais cumulé des économies car nous gagnions bien notre vie en brasseries parisiennes - mais pas assez pour réaliser mon rêve. C'est alors que j'allais voir ma grand mère qui avait un pavillon à Savigny sur Orge, pour lui parler de mon projet. Cette "mémé"  aussi bonne que son fils, mon père, me savait courageuse, me faisait confiance. Elle me promit une aide à hauteur de 4.000 Fr. Illico je me rendis à Bercy rencontrer le propriétaire. Je visitais les lieux avec lui. Située entre les Gobelins, le Bd Port Royal, et le célèbre marché de la Mouffetard. Je fus emballée par ce quartier très vivant, plus que de la boutique.

       ONCLE LOUIS CONTRARIE MON PROJET

         Je reviens sur cette foutue journée...

    - TOC,  TOC ? - "Oui... Qui est là ? - "C'est moi, ta grand mère!   Aie, aie, aie...  Je crains le pire ! - Monique  ouvres-moi. Tu dois me rendre le chèque! Oncle Louis n'est pas d'accord. Tu dois me rendre ce chèque. Mauvais présage. Il va me mettre le bâton dans les roues celui-là.  Mémé insiste...  Louis à raison, tu es bien trop jeune: Être est serveuse une chose, gérer une boutique en est une autre!

    - Il me faut préciser que Louis, le frère de mon père, sa femme, son père sont tous employés "SNCF" - Un choix intergénérationnel: Fonctionnaires. Sécurité d'emplois jusqu'à la retraite. Si j'ouvrais, je cèderais: adieu le chèque... 

    - " Non mémé, je ne rends pas le chèque, l'idée me vient de lui mentir: - J'ai rendez-vous ce matin avec le propriétaire, à Bercy pour signer le contrat de ce bar (j'évite de dire bistrot) - Ceci dit toujours la porte fermée.

    - " Comme prévue je te rembourserai rapidement sois en sûre. La boutique se tient rue Broca; un quartier commerçant ; deux entreprises rue Broca et Bd Port Royal, juste au-dessus: Une grande poste - caserne de pompiers - Caserne de militaires et  un Hôpital. Bonnes recettes assurées. Quand je veux, je suis convaincante et têtue - Je n'ouvrirai pas la porte. NIET!

    Grand-mère insiste... Je fais la sourde oreille. Alors elle s'en va... J'entrouvre la porte doucement... Je pleure de lui faire cette peine. Demain ce sera sûrement le tonton Louis qui rappliquera. Alors ni une ni deux: Je téléphone au propriétaire et direction Bercy... 

     Là plus personne ne pourra s'opposer à mon projet.   

                          LA MOUFFETARD - LE BROCA'BAR 

    En 1963 j'ai 26 ans - Seule, avec une petite fille de 7 ans.  après avoir rendu les lieux agréables et fonctionnels. Charger les étagères de "bonnes bouteilles. J'entreprend un peu de restauration. En face du bistrot une entre prise de marbrier. Je commence à "restaurer"  une dizaine de clients... Livre le vin dans les immeubles du coin - Service au bar. La concierge de l'immeuble, Simone une brave femme m'assiste en cuisine, et s'occupe de ma fille. Quelques mois difficiles à  gérer, beaucoup d'espoir.

     C’est alors que mon proprio vint me visiter inopportunément à midi... le "bistrot" en pleine activité, pensant que je m’enrichissais à ces dépends, il ordonna  "fermeture temporaire " pour révision du loyer et gérance. J'acceptais le nouveau contrat,  malgré la gérance doublée et rouvrais le Brocas'bar… 

     Debout à 5h30, direction Halles Baltard - Achats de viande et légumes en gros. Petit café calva à 6h avec les "bouchers"  - Encore un p'tit calva la p'tite dame? Gentils les bouchers! Je m’endormais sur le tapis roulant du Chatelet !

     Ouverture du bar: 7h : Entre deux cafés aux ouvriers, passage aux fourneaux. 9h casses croûte aux ouvriers - 11h  mise en place du snack! Tout est "prêt à servir" à l'assiette. Le plat du jour, ou, Steak. Simone, moi, partageons le service snack. Mais seule au comptoir, je sers apéro, café, et vente du vin... Pas de temps morts!!

      A 15h  je ferme deux petites heures ! - A 17h. réouverture, parlotte aux clients,  partie de 421 (jeu de dés) - Puis arrive l'heure de l'apéro jusqu'à 20h - "On ferme" !

     Ah non... y a Pierrot l’accordéoniste, René, Jojo, les postiers du Port-Royal, les pious-pious de la caserne Saint Michel. Tout ce petit mondes loin de leurs familles se retrouvent le soir au Brocas'bar!

     23h - Allez les amis... "JE FERRRME" Ouf, Ils partent enfin!

    - Un bisous la baronne - OK mais je n’suis pas votre mère. Vous ne voulez pas que j’aille vous border aussi !

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 Mai 1960   "La Bonbonnière"

 

    Suivant ARCCO  - Récapitulatif de mes activités - Je ne suis restée que quatre mois dans le fond de "la cave"... C'était prévisible!

   A 17h je remontais le bd Jean Jaurès. Cette année là Aznavour chantait "J'aime Paris au mois de Mai"... Moi aussi.

    Je marchais fière d'aller, seule, où je voulais, tranquille, librement. Je détaillais chaque boutique du boulevard - restaurants - bars - coiffeurs etc. Curieuse de l'activité des commerces et, dans ma tête,  je gambergeais - Cherchant qu'elles seraient mes possibilités d'y travailler. Parce que dans la cave de Pantin je me sentais bien seule, en dehors de déposer les commandes de vins sur un passe qui relayait la cave et la salle.

     Avant d'arriver  rue d'Hautepoul pour y prendre ma gamine, je passais devant une jolie brasserie avec terrasse - verrière. Quelques tables et des jeunes gens. De la rue je pouvais entendre la musique. "Allez venez milord vous asseoir  à ma table... Il fait si froid dehors, içi c'est confortable " E.Piaf m'invitait, alors un jour, je suis entrée.

     En dehors de " Chez Suzanne" - le petit restau en bas de chez moi, je n'avais jamais franchie, seule, la porte d'un bar. Ce fut une impression extraordinaire de totale liberté. Passée la terrasse, je vis d'abord la patronne derrière sa caisse.  D'un léger mouvement de la tête elle invita la serveuse à venir vers moi.

    - Bonjour...Vous désirez Mademoiselle ? - Mademoiselle  waouh!

    Me souvenant de la pub du métro je commandais, très sûre de moi: - " Un BYRR "  - La patronne me fit un gentil sourire. J'étais aux anges... La musique provenait d'une belle machine, avec dedans des disques.  Juste à côté,  une autre machine. Celle là, une sorte de jeux qui consistait à envoyer des boules dans tous les sens, pour voir s'afficher des points. Ces machines étaient lumineuses, toutes en couleur et en sons. C'est ainsi que je découvrais le Jukebox et le Flipper... Prémices de mes futures addictions aux jeux. Lorsqu'on "joue" on ne pense qu'à une chose... Gagner la partie. Rien d'autre.

      Paulette, la patronne de "La Bonbonnière" c'était la classe. - Un je ne sais quoi ? de supérieur à Suzanne. Elégante, tailleur et talons aiguille. Le port de tête altier. Un regard doux mais pénétrant. Elle  surveillait toutes actions: Service, clients, tables. Sans un mot elle dirigeait le bar.  La salle était coquette avec deux hauts dracénas.

   Bien rangées: Les tables,et les chaises. La machine à café, les bouteilles, la pompe à bière,  les cendriers; tout était nickel de propreté. Et toujours un bouquet de fleurs fraîches près du comptoir où trônait la caisse, et Mme Paulette Raymond.

 
    "Avec le temps"... j'ai compris. Tout est orchestré, le temps, et les lieux  où vous conduisent vos pas. Cela s'appelle le destin. 
 
     Monsieur RAYMOND: Le patron, très différent L'ai sévère et hautain. Lui faisait l'approvisionnement et l'ouverture. Sa femme ne venait que vers dix heures. J'appris qu'elle était malade... souffrant d'un cancer. Rien dans son attitude ne me le fit supposer, tant elle était calme, douce, et sereine.
 
    De mon côté je décidais de quitter  mon emploi de  "La cave" et m'octroyais  quelques jours de repos. En accord avec la nourrice, je pris ma fille une semaine, le temps de la gâter. Puis à nouveau je repris mes nouvelles habitudes: - " La bonbonnière", un café, un croissant, quelques pièces dans le jukebox. Une, deux parties de flipper et le journal. Rubrique: Recherche d'emplois.
-  Ce qui était écrit arriva.
 
    Un matin, Mr Raymond seul à la caisse me fit part de son soucis. Paulette était hospitalisée. Son était s'était aggravé, le pronostic de vie incertain. Il  n'envisageait pas rester à la caisse toute la journée. C'est alors qu'il me dit que sa femme appréciait mon sourire et ma personnalité. Elle formulait le désir qu'il m'emploie à la caisse. Lui, ferait ouverture et fermeture. C'est ainsi que je devins  "caissière"... Toujours sans CV ni formation! - Mon formateur fut Mr Raymond. 
 
    Quelques mois plus tard Paulette mourrais dans de terribles souffrances: Une époque ou les soins palliatifs n'existaient pas. J'en  éprouvais beaucoup de chagrin, avec une vague impression qu'elle m'avait placée là, avant de partir.
  - La suite de Ma drôle de vie me le confirma.

    Ainsi de cliente à LA BONBONNIERE, après le décès de Mme RAYMOND... suivant le désir de la défunte, je fus engagée "caissière" de sept heures le matin, à  vingt deux heures. Un horaire lourd qu'il m'avait fallut négocier pour pouvoir prendre ma fille chez la nourrice et la promener  durant ma coupure de l'après midi, ou simplement rester au studio : Aller rue d'Hautepoul, changer le sac de ses vêtements sales, contre du linges propres. Passer une petite heure au jardin, puis repartir chez la nourrice... Le temps passait trop vite. Mon petit bouchon avait des larmes au retour... Et moi le cœur bien trop lourd pour sourire et blaguer avec les clients.

    Mr Raymond était un breton,  fils de paysan, il avait travaillé dur pour quitter sa Bretagne, "monter" à Paris et acheter la coquette brasserie - Bien située sur le grand boulevard Jean Jaurès à quelques pas de la Villette. Il avait un fils. Un fils qui visiblement n'aimait pas son père, mais, moyennant logement et repas, l'aidait durant nos coupures. Les samedis et dimanches nous quittions le travail vers onze heures et souvent minuit... Après avoir fait le ménage et la mise en place du lendemain matin!

    En 1960, pas de semaines de 35 heures !!

    J'anticipe dans ce récit en révélant que ce fils se suicida  à 30 ans

   Un patron sévère, exigeant qui, au moindre de nos retard nous renvoyait à la maison sans salaire... Un quart d’heure de retard nous faisait perdre la journée, c'était vicieux car cela obligeait le fils à rester. Et pour Denise ou moi double peine. Je commençais à penser que : bonbonnière rimais avec "galère " - Seul le salaire assorti de deux repas me faisait patienter et… pour être très sincère, lorsque c'était possible, Mr Raymond aux toilettes ou à la cave... Avec la complicité de Denise, quelques "encaissements" ne passaient pas forcément par la caisse. Denise était joyeuse, jolie et  dégourdie - Avec un clin d'œil de connivence nous partagions nos petits larcins: Bref nous gagnions bien notre vie.

 Denise ma complice...   A nous deux derrière le comptoir, nous avions une clientèle masculine jeune et variée, friande de nos sourires et... de nos charmes - Notre caisse "pour-boire" s'en trouvait bien remplie. Enfin, avec du recul je  pense que Mr Raymond fermait les yeux, ayant quelques idées derrière la tête. Après tout, puisque les recettes étaient bonnes...  

    En revanche, derrière nous, il s'attardait souvent sur nos hanches lors de la mise en place des fut de bierre ou des bouteilles. Denise et moi ne pipions mot. Feu Mme  Raymond devait se retourner dans sa tombe!!

    J'étais tour à tour caissière et serveuse et bingo...

    Mr Raymond se mit dans la tête de m'épouser.

    A partir de l'idée, mon patron se montra sous un  angle pénible: La jalousie. Bien que je le tienne à distance,  il était sûr d’arriver à son but. Avec le recul je pense qu’il avait surtout détecté mon côté jovial et bonne "commerçante " Il est vrai que j’ai tout de suite aimé ce métier. La clientèle étant conquise, moi heureuse, il pensait que... Je finirais bien par accepter d’être la patronne… Patience.

    Je n’étais pas du genre à rester assise derrière la caisse, aussi j'aimais accueillir, sourire, séduire. Deux "tunes dans l’bastringue" et la musique réchauffaient l’ambiance, surtout à l’heure de l’apéritif. Ce qui énervait le patron.

    Lors de ma coupure, m'étant ressourcée avec ma petite, j’étais fin prête pour la gagne des pour - boire du soir. Et de "frigide " je n’en avais plus l’apparence. Les jeunes rêvaient de s’aguerrir, les hommes mariés se montraient généreux dans l’espoir d’y gagner une maitresse. S'ils venaient avec leur femme leur indifférence me choquait et m’amusait.

     C’est dans cette petite brasserie que je devins guerrière.

    Cet emploi, mes jeux de séduction me  suffisaient. Je  n’avais besoin de rien de plus. Je rentrais chez moi seule et sereine. Tenant à distance Mr Raymond,  tout en le laisant rêver.

     Si les bretons sont têtus, celui-ci en était un parfait spécimen. Tranquille, de serveuse – caissière,  je devenais maitresse de ma vie. Jusqu’au jour où…

Entrèrent dans le bar: Deux amis, Christian X et André MARTIN​.

 MA DRÔLE DE VIE -  Porte de Pantin

           C'est le beau et jeune André qui dés ce premier jour tomba fou amoureux.   Visiblement pour ce jeune homme je fus: LA FEMME - Sa première - il me le confirmera plus tard. Mais il du être très patient et surtout beaucoup souffrir. Ce garçon avait quelque chose de d'Alain Delon (de l'époque). Un regard pour moi -  contemplatif et émouvant - Il avait 19 ans, moi 24 ans, flattée, insouciante, j'ai joué avec son coeur. Ce jour, ayant connu la douleur des amours impossibles, je voudrais le rencontrer, lui demander pardon.

     Pour en revenir à Mr Raymond, ce dernier sentant le danger venir de tous côtés, décida de prendre des vacances; ferma boutique et,  bon prince, me proposa de nous emmener, moi et ma petite en Bretagne dans la ferme de son enfance, ce que j'acceptais volontier pour le bonheur de ma fille.

 

    J'avais connu Quiberon, du temps bénit des colonies de vacances. Mais cette Bretagne profonde de Mr Raymond était plus sauvage.    - Une vieille maison, des meubles très anciens. Telle une grande table de bois brut, avec des creux pour y glisser nos assiettes! Ainsi qu'une magestueuse armoire-lit. Dans la base, nous dormions blotties toutes les deux sur un doux matelas de plumes.

    C'était divin et cela sentait bon la campagne.

    Monsieur Raymond, jouait au gentil papa - Lui si sévère avec son fils. Un fils qu'il avait voulu "dresser" à son image. Comme une vengeance de sa difficile et pauvre jeunesse. Mais je n'étais pas dupe, déjà je pressentais le prédateur: Je ne serai pas la proie facile.

- De "pingre" à Paris, là,  dans sa Bretagne natale, vis à vis des gens du village, il montrait qu'il avait réussi sa vie. Jonglait avec l'argent: Restaurants - Location d'une grosse voiture -  Location de bateaux.

Pire, un jour, invités chez ses "cousins" il annonça notre notre possible mariage... demanda ma main et eu jusqu'à  l'audace de m'offrir le coffret de bijoux de sa défunte femme.

     La présence de ma petite et cette famille, ne me  permis pas de riposter.  Je contins ma colère jusqu'au retour et là, il me révèla qu'en fait - il avait vendue La Bonbonnière !! Je compris alors le but de ses largesses. Il  me dit d'être "raisonnable"... qu'il avait une jolie villa vers Clamard, je le savais, Mme Raymond m'en ayant parlé.

     Pour toute réponse il reçut le coffret de bijoux dans sa tronche;  geste que j'ai regretté par la suite, quant, de retour à Paris, je du faire fissa pour retrouver un emploi.

 

Voilà the end La Bonbonnière !  J'avais rencontré mon premier loup.

                                         A LA CROISEE DES CHEMINS

     1961   "La Bonbonnière" vendue ... Et mon refus d'épouser mon employeur; Mr Raymond, fissa,  je dois rechercher un emploi adéquate  avec ma situation: J'ai quitté mon mari, et je suis seule avec la garde de ma fille Dominique, âgée de 5 ans...sans pension alimentaire.

    N'étant pas  de nature économe, sans emplois, et le loyer du studio à payer... Je m'active en recherche. Très chanceuse et audacieuse, c'est à la patinoire de Boulogne Billancourt  que je suis employée serveuse à mi-temps.

     - Là j'assisterai aux débuts des deux  «Alain» qui deviendront les champions de l’époques : Calmat, et  Gilletti.  Ma tante qui est aux Moulineaux prend quelque fois ma petite mais ayant trois enfants j'évite de la déranger. C'est Esther, une autre de mes tantes, qui prendra quelques mois le relais. Puis à  Goussainville une voisine de ma mère. (Mère n’aimant pas les filles, ni grandes, ni petites)

      Goussainville, je me souviens de ce soir où ayant déposé Dominique chez cette nounou   - Je suis repartie en larmes jusqu'à la gare. De la rue Branly à la gare il fallait longer les champs de betteraves et de blé. C'était en septembre, à quelques mètres de la gare je suis entrée dans un champ de blé et là j'ai pleuré tout mon soûl. La nuit tombée je me suis endormie dans mon chagrin. C'est le froid du petit matin qui m'a réveillée. J'ai alors pris le premier train pour Paris.

    Mes jours de repos je reste en relation avec ma tante Josiane: Parfois j'y mange le soir, j'y suis heureuse assise à cette tablée de six. J'ai le souvenir de ses délicieuses pommes de terre au lard. Toute ma vie j'en garderai le goût. Ainsi que l’odeur si particulière de ce immeuble en briquettes rouges où vécurent toute ma famille, "les Jacquot - Thirbaudet".

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Sur le chemin de la liberté

Je me suis donné beaucoup de mal pour garder  "MA LIBERTE"            - Mais il a fallut "patienter "... Gentiment je suis rentrée à la maison. Calmement j'ai admit mon devoir de femme... J'ai travaillé  sur la place du marché, vendu des salades.

- L’hiver venu, Georges m'a fait un enfant que j'ai gardé.  Une petite chose à moi, pour moi, ma fille.

    Georges était aux anges, au moins je lui faisais ce plaisir alors qu'égoïstement,  je savais déjà qu'avec de la patience je trouverais bien une porte de sortie. Pour cela je devais gagner de l'argent pour moi, tout en gardant ma petite fille. Il me fallait de l'argent comptant. Car à cette époque nous, les femmes mariées n'avions pas de compte en banque.

- J'achetais alors une  "machine à tricoter à poids"  et tricotais de gros pulls pour les gars du marché... Je faisais aussi des culottes de bébé en plastique pour une petite entreprise de Paris. Et en douce je comptais mes sous, en cachait une bonne partie... Je préparais ma sortie.

Le prix de la liberté
Le prix de la liberté
Le prix de la liberté
Le prix de la liberté

    Mon congés maternité terminé, le matin je dépose ma petite fille à la crèche située juste à côté du marché... Avec la moto Peugeot je remonte à Sèvres chez Gêvelot l'usine!!.. Contre la volonté de mon mari.

    Georges adore sa fille et cela commence à me poser problème pour mes projets. Pourtant notre situation est bien en place. A peine deux ans après notre mariage, nous sommes devenus propriétaires. Georges nous fait d'un studio un deux pièces. Dans la cuisine, une grande et belle cuisinière à charbon: Avec: partie four, un bassin eau chaude - le plateau cuisson et en plus elle chauffe en hiver notre logement. Une machine à laver à rouleau...

Nous avions tout à une vitesse incroyable avec nos petits moyens. Comparés aux jeunes mariés de 2016 qu'elle différence! Privations et nombre de crédits !

    Georges a quitté le bâtiment pour vendre des aspirateurs - donc j'ai aussi l'aspirateur - Entre temps il a acheté une Dauphine avec laquelle nous allons voir ma mère à Goussainville. Souvent aussi nous allons aux Moulineaux chez Tante Jo. Nous emmenons toute la famille se promener à l'Observatoire de Meudon... Au milieu des bois, une belle grande terrasse d'où nous voyons jusqu'à Paris.

Là nous prenons nos photos, les dernières de notre vie à trois.

Le prix de la liberté
Le prix de la liberté
Le prix de la liberté
Le prix de la liberté
Le prix de la liberté

       Malgré tout à la maison le climat est tendu. Mon mari en a pris conscience; je ne le désire pas. Je le sais malheureux, parfois je cède, il insiste à peine, mais rentre de plus en plus tard le soir. Je pense bientôt lui dire mon intention de mettre fin à cette union que je trouve lamentable, surtout la nuit.

   Un samedi, Georges m'invite à diner sur Paris... Nous confions ma petite à ma tante Jo et partons... Moi j'ai déjà mon idée. Lui annoncer ma volonté de divorcer.

   Ce soir là nous dînons près des Champs Elysée. Un repas un peu arrosé, à la fin duquel j'annonce à Georges que je vais demander le divorce. Il répond aussitôt: - "Divorcer jamais ! " - Nous nous expliquons sur mon désamour, ma frigidité. Il ne veut rien entendre et en plus il m’annonce qu’il a une maîtresse qui le satisfait. Mais pas question de divorcer: ça - JAMAIS.

   Au lieu de reprendre la route qui mène sur Meudon, nous roulons sur la route de Compiègne à l'opposé ? Il est silencieux et roule très vite. J'ai un mauvais pressentiment. La route est bordée d'arbres.

- " Dominique est chez ta tante... alors elle va y rester, car je vais nous foutre en l'air tout les deux ! Voilà, plus de papa ? Alors, plus de maman. - Ouf l'angoisse dans cette voiture!!

    Je le raisonne tant que je peux. Je suis sûr que l'alcool aidant, il va nous jeter contre un arbre. Je le supplie de penser à sa petite fille, il pourra la prendre quelques jours. Enfin il s'arrête, descend de la voiture et court sur un champ... il crie, et se jette à terre. Cette fois c'est lui qui fait une crise de tétanie et bouffe carrément herbe et terre!! Alors je le prends doucement dans mes bras et je pleure. Je suis sincèrement désolée, je lui demande pardon, le rassure.

- " Tout doux Georges, on va s'organiser. J'ai l'intention d'ouvrir une boutique, un petit commerce. Tu viendras voir ta petite, et tu pourras l'emmener en promenade, aux manèges pendant que je tiendrai la boutique.

Enfin nous rentrons. Il est silencieux. Mais je suis à peine rassurée. Le lendemain dimanche, je vais chez ma tante reprendre ma fille. De retour à Meudon, je ne peux ouvrir la porte - Georges est absent, et en plus il à changé la serrure !!

    Retour à Issy les Moulineaux, Retour comme en 1942 !!

    Mais cette fois... ce n'est plus moi avec ma mère.

​    C'est moi seule avec ma petite fille.

   RUPTURE ET DIVORCE

 

       Puisque c'est dimanche me voilà aux Moulineaux chez ma tante JO. Le lundi après-midi, sur les conseils et le soutient de cette dernière, nous contactons un huissier de justice afin d'officialiser le constat du changement de serrure.

    Pris de remords mon mari viendra nous chercher le lundi soir,  bien vexé devant l'acte notarié déposé sur notre porte - ce  qui me permettra de gagner la procédure du divorce l'année suivante. - Je ne demanderai aucune pension. Comme dans la chanson de Delpech: "Les divorcés". Je ne dirais pas ce que l'avocate voulait me faire dire...  - Parce que je sais bien que tout est de ma faute.

        Notre ami, vendeur sur le marché nous trouve un acquéreur. Le logement sera vendu et je suis incapable de  me souvenir de la procédure, ni d'une quelconque signature de ma part? -  D'où la réflexion d'un chapitre précédent  sur lequel j'ai écrit - "En principe NOUS  étions propriétaires"-  Hé non... En fait tout c'est fait sans ma participation, puisque je me réfugiais chez ma tante en attendant la suite des événements. Les nouveaux propriétaires me cédèrent leur logement à Paris dans le 19ièm - rue de l'Ourcq - une location - Mon mari nous y conduit dans  la camionnette du copain.  Avec: le lit de ma fille, notre divan, nos vêtements. La petite baignoire et un minimum de vaisselle... Adieu la moto, cuisinière et machines...    

    Tout de même 3.000 Fr.!- Ce que j'aurais du évoquer lors de la procédure de cette séparation. Puisque nous avions acheté notre appartement avec les 8.000 Fr. avancés par mon brave Papa.

     Mais bon,  j'étais tellement contente d'être libérée.

    

    Tout s'était passé très vite, presque sans moi ? Car  curieusement j'en ai très peu de souvenirs. Mais je me souviens d'un jour où, dans le métro, ma fille sur les genoux -  Je réalisais - notre future vie à deux. Je me souviens lui avoir dit- "Ne t'inquiète pas mon bébé, tout va bien" ... En fait c'était moi que je rassurais. Ma petite avait un peu plus d'un an, et moi  tout juste vingt an. Un souvenir de mon enfance me revint… Le pensionnat, la poupée de porcelaine brisée à mes pieds.  Alors je jurais que cette poupée  vivante, ce beau cadeau de la vie … Je ne la confierais à personne.  

     Durant des années, bien souvent j'ai revu ces instants dans ce métro avec ma peur au ventre. - Qu'allions  - nous devenir?

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    "La vie ça n'est pas fait pour éviter de se faire mal. C'est un ensemble de cicatrices qui prouvent qu'on est venu pour ça". Iman Bowie.

 
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      Le lendemain de mon mariage nous rentrons à Meudon chez mon père qui nous a proposé une pièce libre attenante à la terrasse de son pavillon. Egalement une petite cuisine.

    C’était un logement provisoire,  à cette époque la banlieue francilienne de Meudon me  plaisait et les logements, ou pavillons se trouvaient facilement. En attendant nous étions logés gratis. Mais c’était sans compter  sur le caractère de la seconde femme de mon père : Claire, ma belle-mère marâtre de ma petite enfance.

    Du fait aussi que… Me refusant à mon mari souvent il arrivait qu'elle entende mes suppliques et bagarres. Je dus m'en expliquer à mon père, mon désamour et les souffrances morales et physiques que j’endurais et bien sûr mon père ne comprenait pas ce revirement.  Il essaya de m’expliquer, d’avoir patience. Il parla aussi à Georges. Moi je voulais divorcer illico, mais ne voulant pas désobéir à mon père, je devais patienter.

    Quelques mois passèrent. Enfin nous  avions trouvé un logement à vendre rez de chaussée sur la place du marché. Une jolie petite place. Nous l’avons acheté en viager sur 10 ans. Un bouquet de 8.000 Fr. que mon père nous avança. Il s’agissait d’une belle pièce et cuisine etc. Une vue sur la place du marché et sur l’arrière une fenêtre qui donnait sur un grand et beau jardin. Ne voulant pas décevoir ce père chéri enfin retrouvé, je laissais le piège dans lequel je m'étais engagée, impuissante, se refermer  sur moi un peu plus chaque jour.

Il fallait juste patienter.  Ce n'était pas l'enfer non plus.

   ​   Nous installer nous occupa beaucoup en nettoyages et travaux jusqu’au mois d’aout.  Le propriétaire à l'hôpital, malade, mourut au bout de quelques mois. Ainsi  nous étions propriétaires pour peu d'argent… avec juste la dette envers mon père à rembourser. Normalement.  Je dis cela en prévision de la suite.  Entre - temps j’avais avorté seule, conseillée par mon père niveau ustensiles. Exploits et souffrances peu racontables.  

    Georges voulait un enfant assez rapidement  envisageant que la mariée avait surtout envie de se faire la malle !!

 Une anecdote pour sourire: Un soir que je le menaçais de le quitter le lendemain,  avant de partir au travail il m'enferma dans l'armoire... Une vieille grande armoire du temps passé achetée en brocante. Puis il partit.   J'ai tellement gigoté et voulu forcer la porte que l'armoire s'est renversée avec moi dedans, donc  je suis  restée dedans jusqu'au soir dans une position inconfortable  et assoiffée. Car  bien trop honteuse d'appeler... "Au secours!!! 

    Souvent Georges me faisait de la peine car il avait beaucoup de  qualités. Il souffrait de sinusite et de rhumatismes articulaires.  Il y avait aussi la menace de  partir en Algérie, alors Georges  pris de la cortisone  et je ne sais quoi pour être réformé, ce qui n'arrangea pas sa santé.

Mais lorsqu'il me forçait au lit,  je le détestait, et lui en faisais voir de toutes les couleurs... Alors que c'était moi toute seule qui m'étais jeté dans ce guêpier en voulant se mariage.

 
PS: Georges s'est remarié après notre divorce. Il est mort à St Jean de Luz relativement jeune, Je ne connais pas la date de son décès.
- Me référant à mon parcours je suppose qu'il n'avait pas 60 ans.

 

 MA DRÔLE DE VIE  Les jours d'après
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    Après un essai infructueux en secrétariat dans l'Entreprise qui employait mon mari (il avait trouvé se moyen pour ne pas me perdre de vue) Je fis de mon pire et donc je fus renvoyée.

    L'idée me vint de travailler chez Gêvelot à Sèvre. Une usine de munitions. Pour aller à Sèvres j'avais une moto Peugeot 50... C'est au cours de ces trajets plus tard en 1956  - que je fis une belle chute qui me fit rencontrer Gilbert Bécaud.   Lien:

    A l'usine la vie y était difficile surtout à 17 ans... Premier soucis: J'avais pour tâche de remplir des boites de cartouches. Juchée à hauteur d'une plaque trouée - fixé à mon bras "un poignet de force en cuir" Je devais jeter sur la plate-forme des pelletées de cartouches de près de deux kilos ! Comme je travaillais à l'arrache pour oublier mes nuits désastreuses à combattre mon époux, je faisais plus que le quota  ce qui en atelier est très mal vu.

    Ce fut une "lesbienne" de 50 ans qui m'ayant suivit dans les allées menant aux toilettes, me coinça à l'intérieur avant que j'arrive à fermer le gros verrou. Je réussie tout de même à m'enfuir à moitiée déshabillée.  Nous fûmes "mises à pied" toutes deux, huit jours. Ce qui était très injuste pour moi.

    Le pire... à  mon retour la journée se passa bien. On m'avait mise au remplissage de boites de "sachets allumeurs". Cette fois, je pris garde de ne pas travailler trop vite!!  Mais à la sortie de l'usine 5/6 copines de cette femme, avec elle, s'avancèrent vers moi... Je compris rapidement que j'allais recevoir une volée. j'eu la présence d'esprit de protéger mon ventre et leur dire que j'étais enceinte ... ce qui était faux... mais vrai à mon insu (Objet d'une 2ième fausse - couche!

Anecdote:  Les usines Gêvelot avaient eu dans le temps de nombreux accident :

Moi... novice je vis toutes les ouvrières et ouvriers se précipiter dehors. Si vite que le temps de sortir de ma "cartoucherie" je ne savais où me diriger. C'est alors que je vis un grand et haut plateau chargé de quoi?? Je me cachais derrière.  De retour les ouvrières me découvrent et... grosse marrade !! 

... Bin, Euh en fait je m'étais cachée derrière une palette sur laquelle se trouvait une demie tonne de boites de cartouches.

     Ah Ah  Vous aussi vous êtes pliées de rire !! Vilaines, moqueuses, eh bien je vais arrêter là cet épisode.

Juste dire que j'ai quitté l'usine pour des emplois moins dangereux, et donc vous serez privées d'anecdotes NA!

A suivre:   Pour sortir du piège... une idée bien plus stupide.

ci - desous des images concernant l'histoire des Usines Gêvelot.

Très interressante l'histoire de la famille Gêvelot:  Lien

 MA DRÔLE DE VIE  Les jours d'après
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      1955  SIMON

     

    Avril1955 - La date de mon mariage est fixée le 14 Mai 1955.

    Avec Maman nous allons souvent sur Paris acheter les accessoires pour accompagner la jolie robe que Maman s'est donné la peine de confectionner. A la maison, nous sommes tous très excités...

    Un matin, me rendant à mon travail, je descends du train quant une douleur brutale me déchire le dos. Je souffre beaucoup. Un jeune homme me porte secours. Nous nous dirigeons vers le buffet de la gare du Nord. Il reste un peu avec moi. Un visage très doux, réplique de Daniel Gélin le beau gosse de cette époque : - Inconsciement nous sommes très attirés l'un vers l'autre. Devant notre chocolat chaud, nous restons plus d'une heure ensemble, le temps à passé si vite... Je ne ressents presque plus cette douleur, mais en marchant elle se rappelle à moi.. Je décide de reprendre le train pour rentrer à Goussainville. Avant de nous séparer nous échangeons nos adresses.

    Le lendemain le médecin diagnostique une déchirure musculaire sous l'épaule. Huit jours d'arrêt de travail. Dans ma chambre, à quinze jours de mon mariage je ne pense qu'à ce garçon qui semble sorti tout droit de mon magasine - photo préféré: "Nous Deux" ces yeux noirs, sa chevelure brune ondulée, la mèche rebelle. Je pense trop à la douceur de ces gestes, à sa voix douce. Comme moi il me semblait aussi pur, à peine sorti de l'adolescence. Nous échangeons quelques courriers, dans lesquels je ne parles pas de ce futur mariage.  A la fin de ces huit jours de repos forcés, l'envie de revoir Simon est impérative donc... nous prenons rendez-vous chez lui...

    " Chez Simon "– Une chambre d’hôtel rue Marcadet.

     Malgré les années et les évènements qui suivirent je revois encore cette chambre. Modeste, un lit, un placard, une chaise… détail que je précise pour expliquer que nous nous asseyons sur le lit ! Alors, alors là nous nous embrasserons  follement - mon plaisir favori- Puis ces mains glissent sur mon corps… Je le retiens… « Non Simon, non,  je dois te dire…

… - Que je me marie ce prochain dimanche. Tout est prévu, organisé. Toute ma famille prévenue, c’est irrémédiable ! Je pleure désespérément devant mon propre aveu, découvrant enfin cette incroyable vérité.  

    Simon me console avec quelques mots, qu'il n'aurait pas du prononcer:

   -  Rien n'est jamais définitif Monique, j'espère te revoir, ne m'élimine pas de ta vie, laisse-moi une chance. Nous nous quittons sur ces derniers mots.

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LE MARIAGE   

    Ce matin du 14 Mai 1955 – La maison, et la cour étaient envahiesde muguets et de dahlias blancs apportés de Bourgogne. Toute ma famille était là... sauf mon père: Comme avant, aux grilles du pensionnat j'espérais, il ne vînt pas: Sa femme l’en avait empêché.

- C’est à la Mairie du vieux Goussainville que nous fûmes officielement mariés. - Il n’en fût pas de même à l’église.

    Georges, de religion protestante et récemment divorcé ne pu accompagner m'accompagner jusqu'à l'autel. Le curé qui avait suivit toute mon adolescence dans mon éducation religieuse ne le permit pas. Pas de père, pas de mari au bras de la mariée et : pour la première fois de ma jeune vie, pas de messe.

    J'entrais dans l'église, avec ma  famille, mes amies et quelques voisins... mais seule au bras de mon grand-père pour juste une bénédiction. Un flot de larmes serrait ma gorge. C'est alors que je ressentit un malaise qui ma fit vaciller, on en déduit qu’il était du à l’émotion ? Ou peut-être, la forte odeur des petits bouquets de muguets que chacun des invités portaient ?

Personne ne sut, que c'était le manque de ce père chéri, qui, ainsi qu'une tenaille,  étouffait mon coeur.

 MA DRÔLE DE VIE l'histoire continue...
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FIANCAILLE ET MARIAGE

     1955  L'IMPREVISIBLE RENCONTRE : SIMON

     Nous sommes  en Avril, la date de mon mariage sera le 14 Mai 1955.

    Avec Maman nous allons souvent sur Paris acheter les accessoires pour accompagner la jolie robe que Maman s'est donné la peine de confectionner. A la maison, nous sommes tous très excités...

    Un matin, me rendant à mon travail, je descends du train quant une douleur brutale me déchire le dos. Je souffre beaucoup. Un jeune homme me porte secours. Nous nous dirigeons vers le buffet de la gare du Nord. Il reste un peu avec moi. Un visage très doux, réplique de Daniel Gélin le beau gosse de cette époque : - Inconsciement nous sommes très attirés l'un vers l'autre. Devant notre chocolat chaud, nous restons plus d'une heure ensemble, le temps à passé si vite... Je ne ressents presque plus cette douleur, mais en marchant elle se rappelle à moi.. Je décide de reprendre le train pour rentrer à Goussainville. Avant de nous séparer nous échangeons nos adresses.

    Le lendemain le médecin diagnostique une déchirure musculaire sous l'épaule. Huit jours d'arrêt de travail. Dans ma chambre, à quinze jours de mon mariage je ne pense qu'à ce garçon qui semble sorti tout droit de mon magazine - photo préféré: "Nous Deux"  Ces yeux noirs, sa chevelure brune ondulée, la mèche rebelle. Je pense trop à la douceur de ces gestes, à sa voix douce. Comme moi il me semblait aussi pur, à peine sorti de l'adolescence. Nous échangeons quelques courriers, dans lesquels je ne parles pas de ce futur mariage.  A la fin de ces huit jours de repos forcés, l'envie de revoir Simon est impérative donc... nous prenons rendez-vous chez lui...

    " Chez Simon "– Une chambre d’hôtel rue Marcadet.

     Malgré les années et les évènements qui suivirent je revois encore cette chambre. Modeste, un lit, un placard, une seule chaise… détail que je précise pour expliquer que nous nous asseyons sur le lit ! Alors, alors là nous nous embrasserons  follement - mon plaisir favori - Puis ces mains glissent sur mon corps… Je le retiens… « Non Simon, non,  je dois te dire…

… - Que je me marie ce prochain dimanche. Tout est prévu, organisé. Toute ma famille prévenue, c’est irrémédiable ! Désespérée je pleure  face à mon propre aveu, découvrant enfin l'étendue de ma décision : Me marier pour fuir Goussainville.  

    Simon me console avec quelques mots, qu'il n'aurait pas du prononcer: Ces mots m'ont obsédés ces dernier huit jours.

   -  " Rien n'est jamais définitif Monique, j'espère te revoir, ne m'élimine pas de ta vie, laisse-moi une chance. Nous nous quittons sur ces dernieres paroles.

                                                        LE MARIAGE   

    Ce matin du 14 Mai 1955 – La maison, et la cour étaient envahies de muguets et de dahlias blancs apportés de Bourgogne. Toute ma famille était là... sauf mon père: Comme avant, aux grilles du pensionnat j'espérais, il ne vînt pas: Sa femme l’en avait empêché.

- C’est à la Mairie du vieux Goussainville que nous fûmes officiellement mariés. - Il n’en fût pas de même à l’église.

    Georges, de religion protestante et récemment divorcé ne pu m'accompagner jusqu'à l'autel. Le curé qui avait suivit toute mon adolescence dans mon éducation religieuse ne le permit pas. Pas de père, pas de mari au bras de la mariée et : pour la première fois de ma jeune vie, pas de messe.

    J'entrais dans l'église, avec ma  famille, mes amies et quelques voisins... mais seule au bras de mon grand-père pour juste une bénédiction. Un flot de larmes serrait ma gorge. C'est alors que je ressentis un malaise qui me fit vaciller, on en déduit qu’il était du à l’émotion ? Ou peut-être, la forte odeur forte des petits bouquets de muguets que chacun des invités portaient ?

Personne ne sut, que c'était le manque de ce père chéri, qui, ainsi qu'une tenaille,  étouffait mon cœur.    

FIANCAILLE ET MARIAGE
FIANCAILLE ET MARIAGE
FIANCAILLE ET MARIAGE

Sur le trottoir de gauche mes amies de l'attelier : Henriette qui  tient les fleurs, Simone , Marceline, Christiane... mes petites compagnes d'hier, combien j'aimerais partager nos souvenirs.

 

   L'après midi fut joyeuse, le jardin en fête joliment décoré. Nous étions une bonne trentaine dispersés sur les terrains. L'ambiance était joyeuse. En fin d'après midi, un peu grisée par les évènements, je me suis éloignée seule vers le poulailler pour dire au revoir à mes petits amis: Le magnifique coq, les poulettes, et surtout les lapins que j'adorais caresser... mais sur lesquels j'ai beaucoups pleuré lorsque maman les dépouillait.

    Le coeur serré je leur dis - "Au revoir mes petits amis, je promets vous rendre visite bientôt" -  Dans le jardin, certains arbres fruitiers étaient encore en fleurs, je détachais quelques pétales roses et blanches... tout ce que je touchais était beau, doux et odorant. C'est alors qu'une vague de tristesse m'envahie... Pourquoi? - Je ne saurais le dire. C'était comme si je découvrais "MON" jardin,  que je quittais le coeur serré, comme lorsqu'on quitte un ami.

    Les invités, quelques voisins et voisines, camarades d'écoles me rejoignent  et m'entraînent dans une joyeuses sarabandes, je les suis et danse avec eux. Je ne penses même plus à mon mari qui devait bavarder dans la salle à manger et trinquer avec "les anciens", alcools de poires et prunes apportés de Bourgognes par mon grand  père...  "Simon"  avait presque disparu de mes pensées.... Le soir arriva vite, certains amis étant partis nous nous retrouvâmes en famille dans la grande salle à manger.
 
    Vers minuit ma mère me fit discrètement signe de partir en passant par la cave - sortie derrière le pavillon - pour rejoindre mon mari. Passé la grille d'entrée je suis dans la rue à peine éclairée. J'aperçois un homme qui court devant, je cours pour le rattraper....  Quant arrivée au bout de la rue je m'aperçois que ce n'est pas Georges, mais son cousin Henry. Mon mari nous rejoint et là nous sommes morts de rire tout les trois. Henry prévenu par ma mère nous conduit en voiture jusque  l'Hôtel  réservé dans le vieux Goussainville situé à quelques kilomètres de notre ville.
- Hôtel restaurant "Au Paradis" de l'époque...  Gageure de ma nuit de noce!!

- Hôtel restaurant "Au Paradis" de l'époque... Gageure de ma nuit de noce!!

                            NUIT  DE  NOCE

    Simon si doux, simon si doux... Maintenant, dans cette  nuit de printemps, la petite mariée est là,  maintenue, gisante, ainsi qu'une colombe qu' un vent fort eût renversée. Sa robe blanche à demie défaite, pend  sous sa poitrine nue. Les mains de son mari lui martyrisent les seins. Il est  ivre. Maladroit,  il la déshabille.

    « Simon si doux, Simon si doux, pourquoi faut-t-il que j’y pense toujours » ?  Ses bas fins, la jarretière de dentelles si délicates se déchirent... rien ne semble résister. 

    Une sensation confuse monte du fond d'elle même, une agression déjà ressentie. Une peur indescriptible la vrille. Alors elle supplie... Non, non, s'il te plait, pas tout de suite, non s'il te plait. Georges n'insiste pas, vrai qu'il avait un peu trop bu, rien ne pressait.
Mais ce refus... Il en ressentit un étrange dépit. Alors il s'endormit.
 
    Il était six heures lorsqu'il prit conscience de la femme à ses côtés. La tête lourde , encore sous l'effet des alcools  but la veille, sans caresse  il la pénétra. Un assaut brutal  malgré  les supliques de Claire,  il ne voulut rien entendre de ses pleurs.
 
      C'est un souvenir si difficile que je l'écris sans me nommer moi Monique. L'heure qui suivit fut elle aussi surprenante. 
                         ​
                                                
 
Petit matin du 15 Mai 1956
                                         
                             UNE COUTUME D'UN AUTRE SIECLE !
 
    -" Chaud l’eau ! Chaud l’eau !... Déjà quelques gais lurons sont là. Bruyants ils tapent à la porte de la chambre. Georges ouvre. Le temps d'attraper le drap, honteuse, je descends du lit.  A ma grande surprise, les jeunes hommes ouvrent et tirent les draps du lit pour " voir si"... Ils purent le constater -  Une tâche de sang prouvait la perte de ma virginité. C'est cela, la "chaud l'eau" Une vieille coutume qui consiste, au petit matin de "voir si " ET présenter  à la jeune mariée un vulgaire pot de chambre (neuf j'ose l'espérer) avec à l'intérieur, baignant dans du vin blanc, quelques restes de victuailles, telles que huîtres décoquillées, crottes de chocolat etc. Je laisse - lecteur ou lectrice - imaginer ! Il paraîtrait que ce serait pour le mari un signe de femme docile et accueillante ?   
    Puis nous descendons dans la salle de restaurant pour y déjeuner. Là un autre rituel  m'attendait ! On me porte sur la grande table sur laquelle je devais marcher. Pourquoi ?- Ce sont des années plus tard que je comprendrais .
La bande de rigolos de rire à coeur joie. Moi je ne ris pas du tout... Voilà que je vomis sur... je ne sais plus sur qui ?  Ce qui me soulage encore plus... Bienfait !!
 
    L'après midi, retour au pavillon. Presque tous, amies et parents  sont partis. Restent mes grands parents... En larmes je me jette dans les bras de ma grand-mère... -" Ce n'est rien, ma fillouitte... ce n'est rien.

 Elle a tout compris la brave femme. Elle mariée à 15 ans, mère de 7 enfants nés au fin fond des Vosges... et peut-être là le berceau de la coutume?

    Mon mari ayant réservé la chambre d'hôtel pour deux nuits... Cet après midi, retour au "PARADIS " que moi je nommerais  l' ENFER
- Nouvel assaut de George... Là complètement hébétée je découvre avec horreur le piège qui se referme sur moi. Piège dont je suis la seule instiguatrice.  Mes rêves, ma liberté, et "Simon"  meurent au rythme des viols répétes de mon mari. Ce que je subissais là c'était la réplique de ce que je découvrais lorsque je surprenais ma mère et ses amants. L'amour n'avait rien à voir avec cet acte que je trouvait d'une violence inouie... avilissante, j'avais mal, et me sentait souillée... 
Et si c'était  cela - "Faire l'amour" ? Alors je pris en horreur ce verbe faire: "Faire l'amour.
                                  ​   

LE JOUR D'APRES ...

    Le lendemain de mon mariage nous rentrons à Meudon chez mon père qui nous a proposé une pièce libre attenante à la terrasse de son pavillon. Egalement une petite cuisine.

    Un logement provisoire. Pour avoir bien connu cette banlieue pavillonnaire, francilienne dans mon enfance, J'ai toujours aimé Meudon. Appartements ou pavillons se trouvaient facilement. En attendant nous étions logés gratis. Mais c’était sans compter  sur le caractère de la seconde femme de mon père : Claire, ma belle-mère marâtre de ma petite enfance.

    Du fait aussi que… Me refusant à mon mari souvent il arrivait qu'elle entende mes suppliques et bagarres. Je dus m'en expliquer à mon père. Mon désamour et les souffrances morales et physiques que j’endurais et bien sûr mon père ne comprenait pas ce revirement.  Il essaya de m’expliquer, d’avoir patience. Il parla aussi à Georges. Moi je voulais divorcer illico, mais ne voulant pas désobéir à mon père, je devais patienter.

MOURIR POUR NE PAS DESOBEIR A MON PERE

 

    Pour ne plus avoir à subir mon mari. Pour oublier Simon, ne pas céder à la tentation. Le métro Marcadet, juste sur mon chemin. Il suffisait  d'aller jusqu'à ce petit hôtel où je savais qu'il m'attendait  - Simon - qu'il fallait oublier.

    Du reste il fallait tout oublier,  et la seule façon de résoudre mon problème, sortir du piège dans lequel je m'étais bêtement imbriquée. Une seule solution...Disparaître, partir, pour aller où ? Avec quel argent ? Surtout ne pas retourner à Goussainville. - Une idée folle commençait à poindre dans ma tête... Mourir!

   Des années de prières, de catéchismes, de scoutismes, d'hosties avalées. - "Mangez, ceci est mon corps...  Je sortais de l'église joyeuse, rassurée, j'étais pardonnée de mes péchés et même de ceux que j'inventais pour faire plaisir à mon curé!!- "Dieu est amour, il pardonne tout" On me l'avait dit et redit depuis des années. Il suffisait de prier. Je priais pour tout supporter...  A Goussainville.

    La liberté était ailleurs, Dieu lui comprendrait. Il suffisait de sauter sur les rails de ce métro station "Montmartre"- C'était devenue une obsession - Deux mois après mon mariage, je ne pensais qu'à cela chaque soir... Mais le courage me manquait. Sur le quai j'avançais de quelques pas. - Sauter, Cela semblait si facile, me laissé choir sur le rail. Ils diraient: -" Elle s'est évanouie" ... Personne ne saurait. Alors j'avançais, morte de  peur.

    Un soir, alors que j'avançais vers se métro qui arrivait à quai, une fulgurante douleur, comme si on m'arrachait la tête. Un homme me tirait violemment en arrière, "j'eu le temps d'entendre son cri - "Non!  Mademoiselle non" - Je tombais, en proie à une crise de tétanie je me débattais à terre. Le Samu,  et la Salpêtrière.  C'est là que cet homme m'a raconté qu'en m'observant, il avait compris que j'allais me suicider. Et,  dit-il, - "Que bien décidée j'avançai... D'un bond il m'a attrapée par les cheveux. Même arrivés à l'hôpital il ne me lâchait plus !! Je me souviens qu'il insistait auprès des infirmières pour que je ne reste pas seule. - " Brave homme, je t'en ai voulu... Je ne t'en veux plus.    

 
    Mon père, prévenu,  vint me voir et me faire encore la "morale" - Il pleurait.  J'eu honte de lui avoir  causé toute cette douleur. Il  disait sans cesse:"" On va te soigner, tu verras cela va s'arranger.
 
     Je suis restée jusqu'en  octobre dans cet hôpital, avec des fous ,des névrosés. Il m'a fallut avaler des pilules pour me vider la tête jusqu'à ne plus voir le jour. Seul mon père a pu me faire sortir de cet enfer. Mon mari venait très peu - cinq, dix minutes, lui étaient permises.  Simon à écrit  un courrier à ma mère pour savoir où j'étais. Il est venu, mais il n'a pu me voir. Juste un petit mot sur une carte postale. " Si tu le veux tout est possible " - Bien sûr que j'aurais bien voulu... Mais cela ne me semblait pas possible - trop compliqué -  Pas la force d'affronter les reproches des uns et des autres... de toute la famille.
En ouvrant de tiroir à souvenirs, après toute ces années, je n'y crois pas! Que, pour gagner ma liberté,tant de forces en moi ignorée, tant de combats gagnés. Tant d'amour, de désespoirs et de joie de vivre...
 
Pourtant, un soir de l'an 1955, à 18 ans, j'ai voulu Mourir!

 

 

 La Place du marché  de  l'an 2000 -

La Place du marché de l'an 2000 -

         Nous installer nous occupa beaucoup en nettoyages et travaux jusqu’au mois d’aout.  Le propriétaire à l'hôpital, malade, mourut au bout de quelques mois. Ainsi  nous étions propriétaires pour peu d'argent… avec juste la dette envers mon père à rembourser. Normalement.  Je dis cela en prévision de la suite.  Entre - temps j’avais avorté seule, conseillée par mon père niveau ustensiles. Exploits et souffrances peu racontables.  

    Georges voulait un enfant assez rapidement  envisageant que la mariée avait surtout envie de se faire la malle !!

 Une anecdote pour sourire: Un soir que je le menaçais de le quitter, dès le lendemain,  avant de partir au travail il m'enferma dans l'armoire... Une vielle grande armoire du temps passé achetée sur une brocante. Puis il partit.  J'ai tellement gigoté et voulu forcer la porte que l'armoire s'est renversée avec moi dedans, donc  je suis  restée dedans jusqu'au soir dans une position inconfortable  et assoiffée. Car  bien trop honteuse d'appeler... "Au secours!!! 

    Souvent Georges me faisait de la peine car il avait beaucoup de  qualités. Il souffrait de sinusite et de rhumatismes articulaires.  Il y avait aussi la menace de  partir en Algérie, alors Georges  pris de la cortisone  et je ne sais quoi pour être réformé, ce qui n'arrangea pas sa santé. Mais lorsqu'il me forçait au lit je le détestais, et lui en faisais voir de toutes les couleurs... Alors que c'était moi seule qui m'étais jetée dans ce guêpier, en voulant se mariage.

 

PS: Georges s'est remarié après notre divorce. Il est mort à St Jean de Luz relativement jeune, Je ne connais pas la date de son décès. - Me référant à mon parcours, il n'avait pas 60 ans.

 

Nous installer nous occupa beaucoup en nettoyages et travaux jusqu’au mois d’aout.  Le propriétaire à l'hôpital, malade,

Nous installer nous occupa beaucoup en nettoyages et travaux jusqu’au mois d’aout.  Le propriétaire à l'hôpital, malade, mourut au bout de quelques mois. Ainsi  nous étions propriétaires pour peu d'argent… avec juste la dette envers mon père à rembourser. Normalement.  Je dis cela en prévision de la suite.  Entre - temps j’avais avorté seule, conseillée par mon père niveau ustensiles. Exploits et souffrances peu racontables.  

    Georges voulait un enfant assez rapidement  envisageant que la mariée avait surtout envie de se faire la malle !!

 Une anecdote pour sourire: Un soir que je le menaçais de le quitter le lendemain,  avant de partir au travail il m'enferma dans l'armoire... Une vielle grande armoire du temps passé achetée en brocante. Puis il partit.   J'ai tellement gigoté et voulu forcer la porte que l'armoire s'est renversée avec moi dedans, donc  je suis  restée dedans jusqu'au soir dans une position inconfortable  et assoiffée. Car  bien trop honteuse d'appeler... "Au secours!!! 

    Souvent Georges me faisait de la peine car il avait beaucoup de  qualités. Il souffrait de sinusite et de rhumatismes articulaires.  Il y avait aussi la menace de  partir en Algérie, alors Georges  pris de la cortisone  et je ne sais quoi pour être réformé, ce qui n'arrangea pas sa santé.

Mais lorsqu'il me forçait au lit je le détestais, et lui en faisais voir de toutes les couleurs... Alors que c'était moi toute seule qui m'étais jeté dans ce guêpier en voulant se mariage.

 

PS: Georges s'est remarié après notre divorce. Il est mort à St Jean de Luz relativement jeune, Je ne connais pas la date de son décès.

- Me référant à mon parcours je suppose qu'il n'avait pas 60 ans.

mourut au bout de quelques mois. Ainsi  nous étions propriétaires pour peu d'argent… avec juste la dette envers mon père à rembourser. Normalement.  Je dis cela en prévision de la suite.  Entre - temps j’avais avorté seule, conseillée par mon père niveau ustensiles. Exploits et souffrances peu racontables.  

    Georges voulait un enfant assez rapidement  envisageant que la mariée avait surtout envie de se faire la malle !!

 Une anecdote pour sourire: Un soir que je le menaçais de le quitter le lendemain,  avant de partir au travail il m'enferma dans l'armoire... Unvielle grande armoire du temps passé achetée en brocante. Puis il partit.   J'ai tellement gigoté et voulu forcer la porte que l'armoire s'est renversée avec moi dedans, donc  je suis  restée dedans jusqu'au soir dans une position inconfortable  et assoiffée. Car  bien trop honteuse d'appeler... "Au secours!!! 

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  • Claire

MA DROLE DE VIE

Résultat de recherche d'images pour "livre gif animé gratuit"  A L'automne de sa vie Claire se pose, raconte ses souvenirs

TU NAIS SEUL, TU MEURT  SEUL,  ENTRE LES DEUX IL Y A DES FAITS DIVERS. CHOISISSEZ BIEN VOS FAITS DIVERS  L Ferré

    MON ENFANCE 

 1955 - 1960 MARIAGE

LE CHEMIN  DE LA LIBERTE

1960 - PORTE DE PANTIN

BILLANCOURT - RUE BROCA

1969 LA SCHLAGUE

1970 - 1980  NICE

1970  - LE SELECT

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

         

MONTMARTRE

  UN AMOUREUX DE MONTMARTRE

    MONTMARTRE SECRET

POESIES - TEXTES

POESIES

J'AI FUIS     J'AI VU       RÊVERIE

 A MON ETOILE      ODE A MON CHAT

 RACINES    REQUIEM     PEUT - ETRE

RENCONTRE

TEXTES

2012  ECRIRE   

 MA TANTE JO   TU ME MANQUES

IMPOSSIBLE AMOUR

LE RÊVE FOU

LE SATELLITE PERDU

 

                                                                                                                              

 

ENFANTS DE LA GUERRE

      GERALD