La chambre d’Eléonore….
Au fond du couloir, une pièce étroite à peine plus profonde, au milieu de laquelle se trouve posé sur le sol un bon matelas recouvert seulement d'un drap fin et d'un plaid de couleur chaudes...
Un joli papier vert anglais, sur lequel tout les trente centimètres on pouvais
voir, tombant de sa lisière; des coulées de petites roses blanches. Au fond, de chaque côtés d'une étroite fenêtre, deux meubles en rotin blanc, sur lesquels étaient harmonieusement
déposés: Livres, bibelots, bougeoirs. A terre, un tapis d'un vert sombre, des tomettes rouges cirées, et par- dessus le matelas.
Sur le sol se trouvaient aussi une lampe ainsi qu'un grand vase d'opaline avec fleurs blanches et rameaux de verdures. Des doubles rideaux assortis au tapis, laissaient à peine
entrevoir la rangée de cheminées sur les toitures arrières de l'immeuble.
J’ai très vite compris que cette petite pièce, à l'odeur de fleurs et de bougies parfumées, et d'où s'échappait une musique genre "piano bar" était disons, "spéciale et réservée"
Au milieu du couloir il y avait aussi un belle pièce, salon-salle à manger, un canapé où Eléonore aimait dormir avec sa fille, bien que la petite ait une jolie chambre tapissée et décorée de personnages, clowns, "Bécassine et Babar" Le tout façonnés en carton léger et collés sur papier peint uni rose. Travail harmonieux que savait faire Eléonore et ses ciseaux. Mais la petite aimait dormir avec sa maman lorsque cette dernière était seule. Souvent, car Eléonore était une célibataire bien ancrée dans le célibat.
Mais je reprends cette fameuse nuit où j’entrais en relation avec ce couple.
Moi, "petite culotte" et "soutif " nous fûmes laissés à terre dans le couloir…
Bien que nous ne puissions voir, nous entendîmes la chute de leur corps, bruits de
baisers, silences, soupirs, enfin de curieux halètements et autres bruits que je ne saurais décrire. Rappelez-vous... C'était ma première journée
de... service
Mais cela ressemblait à un sacré remue-ménage, un peu comme dans certains coins dans nos ateliers de coutures... les jours de canicules.
Quelques heures plus tard nous vîmes, passer sur la pointe de ses jolis pieds, Eléonore. Toujours nue, jusqu’à la cuisine et revenir avec champagne et petits toasts. Nos deux compères ne sortirent que le lendemain vers midi, et pataugèrent un bon moment dans la baignoire, pendant que nous, nous étions transits de froids sur le carrelage du couloir.
Des aventures très coquines avec ce "Monsieur" Il en arriva de très chaudes !!
Mais celle que je viens de vous conter, où les préludes commencèrent dans la montée des marches est "l’exception"
Des mois passèrent… plus ou moins idylliques.
Quelques explications de l'auteure sur cette rencontre. André je le rappelle,
rapatrié d'Algérie, fils de commerçant, puis patron d'une grande brasserie. Et notre héroïne fuyant Paris, le coeur brisé par le lâche abandon de son cher CRS. ELLE,
arrivée en gare de Nice, descendis l'avenue Thiers, monta sur la gauche le Bd Malausséna. Là, sur le trottoir, pour "respirer" un peu, elle posa, valises, petit chien, et gamine juste devant le Bar du "beau brun" qui, installé en terrasse, vit cette jeune
femme bien encombrée et, lui portant aide, l’accompagna vers un meublé que lui nomma Eléonore, et qui se trouvait à quelques mètres plus loin.
Déjà leur
destin était en marche, car...
Si ce meublé s'était trouvé du côté droit de la gare. Ces deux là ne se seraient
jamais rencontrés. C'est cela l'incroyable ironie de la croisée des chemins.
Le lendemain, Eléonore cherchant un travail, vint au bar boire un café pour remercier encore ce
monsieur … Brun, yeux noirs, intonations de voix qui lui rappela son "amour déçu" et voilà que recommence l’histoire.
Mais avec un petit plus qui eût son importance dans la vie de notre belle amie.
André au sang très chaud qu’il avait dans ses veines, transporté depuis Blida… Fit découvrir à Eléonore… L’érotisme et sa palette de « galipettes » qui bouleversèrent allègrement notre Parisienne, lui faisant connaître enfin des nuits chaudes, agitées, avant,
pendant, et après !
A suivre la fin de cette histoire.




Augustin Trébuchon

Bla bla bla bla....
