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Tout au fond du "jardin de Claire" se dresse une  ruine. 

Depuis des années Claire rêve devant ces ruines.

      Ainsi est né ... LE PAN DE MUR

Un escalier y a laissé sa trace. Des vestiges de  papiers pendent.

Çà et là, une chambre,  nid d'enfant,  salon,

Trace d’une cheminée Traces d'une vie... .

 Claire se pose et  vous  raconte "ses souvenirs" 

 

19 octobre 2015 1 19 /10 /octobre /2015 09:47

Un voyage de Nice à Paris

 

         Page  dédiée à ma famille, descendants des Jacquot - Thirbaudet 

    Le train joyeux, presque effrontément joue à cache-cache avec les terres, en se faufilant sous les tunnels. Dans la vitre- miroir je regarde la campagne, éblouie. Mon regard capte les images afin de les retrouver plus tard, les  soirs de solitude trop lourde…

… Les champs tant attendus se dessinent avec précision, tantôt carrées ou rectangulaires, toujours bordés de haies ; noisetiers, chênes, et arbustes divers, et cours une rivière. Dans un pré des moutons. Plus loin, une dizaine de vaches se prélassent et, bien sûr regardent passer le train tout en ruminant. Sur le chemin un attelage, tiré par deux percherons, avance  chargé de meules de foin. Des souvenirs de vacances s’imposent dans ma mémoire.

Je me souviens : J’ai treize ans, je reviens des champs avec le fermier voisin de mes grands-parents.  Nous sommes quatre ou cinq gamins sur la charrette. Soudain une grosse pluie, nous nous abritons sous les ballots de fourrage, nous sommes enfouis et nous rions, nous moquant de la pluie.

    Mon voyage continue... Au-delà de la campagne, coincée entre les vallons, j’aperçois de petits villages. Vu du rail, aucun signes de vie, pas d’oiseaux, pas de chiens, pas de gens… Pourtant je sais que derrière cette silencieuse toile, il y a une société, un patrimoine, des gestes immuables.

 

Et si je le sais c’est parce que je les ai rencontrés à Précy sur Vrin !

…. Les femmes dans les étables s’activant à traire les vaches, soigner les veaux.

…. Les hommes sont partis très tôt sur l’attelage, travailler leur terre jusqu’au soir.

…. Sur la place du village où trônent deux gros platanes ; assis sur  un banc les "vieux" se reposent sereins, se racontant au fil des saisons, les souvenirs d’une vie remplie de durs labeurs.

    Je revois la rue principale, trois, quatre petits commerces. Le boulanger, l’épicerie, véritable caverne d’Ali-baba où l’on trouve un peu de tout, même une paire de lacets. Et le boucher, son  tablier sur son gros ventre. En montant cette rue se trouve un petit hôtel qui attend les touristes de l'été. Mais dés l'automne c'est dans la grande salle que quelques bonshommes boivent " le p‘tit ru " ou un  "gorgeon ", tout en faisant une partie de carte pour terminer la journée.

    

Quelques images pour cousin Gérard  et cousines, Gyslaine, Annick, Lilianne, ma soeur cadette, Bernadette.  Et tout descendants de cette grande famille. 

La chance de trouver l'image de " notre rue"  à droite 3ièm petite maison arrimée à la ferme des Prevost. En face, la famille Milon. L'hôtel qui plus tard sera tenu par les parents de Gyslaine.. le chateau, le Vrin, la campagne et l'église A venir plus d'images de notre famille à Précy - Il me suffit de les retrouver. 

1993 PRECY SUR VRIN
1993 PRECY SUR VRIN
1993 PRECY SUR VRIN
1993 PRECY SUR VRIN
1993 PRECY SUR VRIN
1993 PRECY SUR VRIN
1993 PRECY SUR VRIN

Anecdote: A la retraite grand-père, très bricoleur, dépannait tout le village en petites réparations.

A partir de 17 heures, il passait au bar de l'hôtel pour une belote,  et de petits verres en petits verres, il en oubliait de rentrer. Alors ma grand-mère intervenait.

- " Va chercher ton grand-père... à "l'église"  (le bar)… Près de l’Eglise ;>)

    J'obéissais, heureuse à l’idée de passer quelques instants avec lui. J'adorais ce grand père, de plus qu'il était mon parrain, ce qui faisait bisquer, cousins et cousines, lorsque, perfidement  j’articulais -"Oui Parrain, oui Marraine" comme s'ils  étaient  - rien qu'à moi- Avec Parrain j'ai connu "la chasse" aux buses... Le suppliant de ne pas tirer. Alors il revenait bredouille ! La pêche aux écrevisses à la rivière du "château".  Et la cueillette des noix fraiches,  avec au retour, la baguette de pain chaud…   Que ... nous dégustions tous deux avant de rentrer. Tout en sachant déjà que Joséphine nous gronderait pour le retard et pour la baguette dépourvue de ses croutons. Silencieux nous assumions notre forfait.

  Mais revenons à  "l'Eglise" - Où Grand-père commençait à "tanguer" sur ses guiboles... Remontant à la maison il me donnait ses instructions:

- " Lorsque nous arriverons chez mémère tu éternue très fort et souvent... faut dire que lorsqu'il était saoul grand-père éternuait... un sacré handicap!

- Donc nous rentrions éternuant de concert. Joséphine nous attendait, mains sur les hanches.

- " Et te voilà encore saoul, c’est t’y pas une honte... et toi la merdeuse pas la peine  d'éternuer !!  - " On se lave les mains et  A TAABLE !

   On obéissait en silence. Et ces soirs là... c’était-  la soupe à la grimace.

   Inutile de demander la TSF  pour écouter  "Au théâtre ce soir"... 

  

      Le soir tombe et mon train court vers Paris...   Les petits villages défilent devant mes yeux. Ils sont toujours construits autours d'une église, comme si l'homme cherchait à se nicher près du bon Dieu. Il y a là, quelque chose de mystique, et parfois des histoires diaboliques.

    Je ne connaîtrais jamais vos secrets, et ce soir, je ne dormirais pas dans vos lits douillets, chauds de plumes d’oies. Chambres aux murs épais recouverts de chaux. Le silence y est profond et rassurant. Seuls résonnent quelques bruits sourds que font les chevaux en cognant leurs sabots sur le sol, en soufflant très fort,  avec ce bruit si particulier que font leurs naseaux. Et cela, parce que l’écurie est souvent attenante à l’habitat.

    Les cimetières les avez vous remarqués ? Toujours en retrait derrière l’église…  Le monument aux morts, et le rutilant caveau d’un châtelain de la région. Au fond,  le long d’une muraille, les tombes plus anciennes, petits parcs gris en fer forgé, couronnes de fleurs de porcelaine, décolorées par les vents.

... C'est dans un coin de Bourgogne qu'ils dorment mes chéris. Côte à côte sous une simple dalle de ciment.  Dans ce petit village qu’ils ont choisi, pour rester auprès de leurs derniers amis, me laissant seule avec mes  images. Miracle de la  mémoire, merci d’avoir enregistré tant de tendres souvenirs…
 

MJ.   Extrait de Ma drôle de vie - 1993

                            

 Georges JACQUOT et Joséphine THIRBAUDET   Mes grands - Parents

Georges JACQUOT et Joséphine THIRBAUDET Mes grands - Parents

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commentaires

Pastelle 26/11/2015 12:32

J'adore lire tes souvenirs. Tu racontes bien, on s'y croirait, on est penauds avec vous devant la grand mère. :)

edith 26/10/2015 19:59

J'aime ta drôle de vie. Quelle sensibilité, quelle vérité!!!!

saravati 26/10/2015 11:04

Merci pour ces hommages aux êtres qui vous sont restés chers, au-delà du temps.
Je vous lis chaque fois avec beaucoup de tendresse

Claire 26/10/2015 18:39

@saravati: Merci chère "lectrice" et je vous en remercie d'autant plus que vous... vous êtes "écrivaine" alors, euh...vos gentils mots sont pour moi des bonbons, qui me font fondre de plaisir.

Bégui 25/10/2015 09:52

Avec nos âges canoniques, il est évident que nos premiers souvenirs remontent à l'age de glace. Mon grand père était cocher, sa maison et son écurie auraient été aujourd'hui plein centre ville. Lorsque ses chevaux étaient à bout de souffle, il les amenait à l'abattoir, et se faisait remettre un morceau de viande, qu'il mangeait. A partir de ce jour, je ne l'ai plus regardé comme avant.

Claire 26/10/2015 18:34

@bégui: Oh tu exagère... l'age de glace? :) le tepms a passé si vite.Un grand père cocher... Comme le grand père de Léo à NICE !! Je comprends ta déception pour le morceau de viande .. Mais tu sais bien qu'à l'époque c'était coutume, La viande était sûrement chère. - Euh cela me donnes une idée... Thimy hum... Un civet bien tendre. OUPS je sors!! - Satan sort de mon corps!!

mimi1931 23/10/2015 11:24

Nos souvenirs se ressemblent. Au Plessier Huleu, chez ma grand-mère: le café tabac épicerie...Il y avait aussi le lavoir, le boucher et le boulanger qui passaient deux fois par semaine, la gare du tortillard à 2km...
Les moissons, la glane, la batterie...Nous étions heureux.

Claire 25/10/2015 09:18

@mimi: Et ouiii nous étions heureux et ne le savions pas. Aujourd'hui c'est plus angoissant et surtout moins joyeux et... Nous le savons bien. LOL Nous reste l'humour, alors profitons de tous les petits bonheurs à notre portée - Moi ce jour suis contente du changement d'heure, réveillée à 6 plomb comme d'hab, j'ai été immédiate ment opérationnelle! C'est dimanche alors histoire d'oublier les chagrins de la semaine, je vais aller au cinéma avec petit fils. "Seul dans l'espace" en 3D whaou j'adore.

christian 22/10/2015 12:41

C'est une belle page très touchante qui fait revivre une époque "que les moins de 20 ans ne peuvent pas connaître" et qui retisse le lien qui rattache à nos aïeux...

Claire 26/10/2015 19:38

@ christian: Laurent Gerra, l'humoriste, vient de publier un livre sur son enfance et donc son grand père. Certains souvenirs sont les mêmes, que nous les anciens. C'était une époque différente, alors que les jeunes d'aujourd'hui sont penchés sur Iphones, tablettes, ou PlayStation dans des mondes différents. Ils nous restent a espérer qu'ils ne nous oublient pas... sniff

  • Claire

MA DROLE DE VIE

Résultat de recherche d'images pour "livre gif animé gratuit"  A L'automne de sa vie Claire se pose, raconte ses souvenirs

TU NAIS SEUL, TU MEURT  SEUL,  ENTRE LES DEUX IL Y A DES FAITS DIVERS. CHOISISSEZ BIEN VOS FAITS DIVERS  L Ferré

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